L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]

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MessageSujet: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Sam 8 Juin - 17:54

De mémoire d’homme, cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas vu d’été aussi chaud dans cette région du nord. Les épaisses couches de glaces qui couvraient les tuiles le reste de l’année avaient fondues au point que certains se trouvèrent étonnés en voyant que leur toiture n’était pas de la même couleur que dans leurs souvenirs, la couche opaque de nuages semblait s’être désagrégée par endroit, en tout cas suffisamment pour que le soleil parvienne à la transpercer çà et là de timides mais doux rayons. Le verglas quant à lui n’était plus qu’un mauvais souvenir, il ne neigeait plus que la nuit et tôt le matin, les hardes de loups des glaces avaient regagnés les cimes, et même les villageois, qui s’étaient laissés emballés par ce temps de providence, ne portaient plus cinq mais bien trois couches de vêtements, voire deux seulement pour les plus téméraires et les moins frileux. L’adage qui avait mené les gens du coin à surnommer la période estivale de "sieste du blizzard"n’avait jamais trouvé autant de sens. Car si là où seuls quelques-uns se basaient sur des raisons météorologiques et scientifiques pour expliquer la chose, car puisque l’hiver n’avait pas été si rude que d’habitude, il ne fallait pas s’étonner tant que ça de voir un peu de neige fondre, beaucoup y voyaient un intervention divine ; les dieux semblaient avoir regagné un léger intérêt dans ces régions blanches de désolation, où seule la glace poussait sans qu’on n’ait rien à planter dans la terre et que le nez qui coule et la toux étaient plus devenus des indicateurs de bonne santé qu’autre chose. Quelques-uns encore, les plus rêveurs, prêtaient volontiers ce redoux à quelques créatures cracheuses de feu logeant haut dans les montagnes, et qui, pour le coup en avaient elles aussi marre de ce temps moisi.

Cependant, pour les chefs du village d’Orkutsk, les raisons ne comptaient guère. Les faits étaient là : il faisait suffisamment chaud pour pouvoir mettre le nez dehors sans risquer qu’il gèle, et décidèrent de fêter cela par un grand banquet à l’extérieur. Partout la veille, on avait installé des tables, remonté des tables des sous-sols de la ville (car, comme vous devez certainement le savoir, Orkustk était l’un de ces nombreux villages nordique à avoir été creusé dans le sol pour échapper au froid, n’ayant que finalement assez peu de bâtiments à la surface) et mis au soleil des steaks et des saucisses de mammouths. Le lendemain matin, on avait plus eu qu’à déneiger un peut tout ça avant de continuer les préparatifs. On avait rentré la viande de mammouth, et déjà, en milieu d’après-midi, quelques ménagères avaient commencé la cuisine. Pour ce faire, on avait dégagé toute l’église de ses bancs et chaises pour les remplacer par des grands âtres pleins de charbons – puisqu’étant le seule bâtiment sous terre à disposer d’une cheminée assez grande pour pouvoir tout cuire sans s’intoxiquer à la fumée.

Depuis quelques heures, une douce odeur de viande et de braises flottait dans les couloirs pavés de briques du village souterrain, accompagnée par les répétitions des musiciens spécialement dépêchés pour l’occasion. Les préparatifs de la sauterie à la surface étaient terminée, et les plus courageux d’entre les travailleurs, ainsi que ceux qui avaient apportés leur soutien moral en regardant œuvrer les autres, prenaient une collation bien méritée à la taverne du village, échauffant bedaines, gorges et cordes vocales pour éviter tout risques de claquages lors des festivités à venir. Qu’ils soient natifs du village, curieux venus des bourgades voisines ou encore simple voyageurs ayant posés leurs bottes à Orkustk la journée même, tous se confondaient dans ce qui commençait de plus en plus à s’apparenter à un nouveau préparatif, un peu plus spécial celui-ci. Et puis la nouvelle tomba, annoncé par de la bouche d’un des gamins du coin, connu  lui et sa bande pour partir jouer aux chasseurs de yéti un peu trop loin du village. Un chevalier de Domnhall redescendait de la montagne. La joie ne monta que d’un cran, et le temps d’ouvrir les tonneaux du meilleurs vins du sud, on expliqua aux étrangers qui n’avaient jamais vu ni entendu parler du quidam, non sans exagération, de qui il s’agissait. Seul fils du Lord Domnhall, le chevalier était bien connu à Orkustk, ce dernier y faisant escale à chacune de ses quêtes à travers le nord, et il lui était même arrivé de régler les problèmes du village à la pointe de son épée. Puis les meilleurs conteurs de l’assemblées se mirent à compter les aventures du chevalier bleu dans les contrées nordiques d’Orkustk, ses batailles contre les loups des glaces, les esprits des neiges et même contre le dragon des cimes, sans oublier la plus impressionnante de toutes, lorsqu’il immergea tout entier dans un tonneau de bière pour n’en ressortir qu’une fois le tonneau vidé, et en tenant encore sur ses deux jambes, s’il vous plait !

Pendant que les conteurs contaient, le patron sorti une grande chope de derrière son comptoir, la rempli d’hydromel et posa une clé de chambre à côté, tandis qu’une longue série de pas et de bruissement de métal commencèrent à se faire entendre dans le couloir …


Dernière édition par Oscar Domnhall le Mer 24 Juil - 23:06, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Sam 8 Juin - 19:31

Les montagnes. Grand repère dans ma vie. L'un des rare qui soit inébranlable, parmi tant d'autre qui se sont éteint au fil du temps ou au fil d'une lame, et pas forcément la mienne. Les montagne, blanches, inébranlables, le symbole du froid et de la neige a l'état le plus pur que l'on puisse trouver dans ce triste monde. Ses hardes de loup, chaleureux animaux sauvant la vie d'innocentes jeune fille, symbole de toute ma vie depuis ma renaissance au fond de cette grotesque caverne. Si le blizzard ne m'avais pas jeté au fin fond de moi même, jamais je n'aurais rencontré ceux qui m'on remise sur pied. C'est pour cela que je me trouvais dans les montagnes. Malgré mon appréhension du froid, ma quête personnelle m'obligeais a tenir la promesse que j'avais faites a mes sauveur. Je reviendrais les voir chaque années. Pas forcément a la même période, mais forcément chaque année. Promesse immuable de revoir mes boules de poils d'amour. Cette pensée m'arracha un sourire tandis que les larmes continuais a couler le long de mes joues.

Je ne pleure pas souvent. Malheureusement pour moi, je trouve mon réconfort dans l'alcool, qui m'empêche de m'empêtrer dans le sentimentalisme crétin des gens normaux. Mon pouvoir me permet de décuver instantanément si le besoin s'en fait sentir, et quand le besoin s'en fait sentir, il n'est généralement plus l'heure de pleurer. Pour l'heure donc, il était temps de relâcher la pression. L'un de mes amour était mort. De vieillesse, certes, mais mort quand même. Disparut a jamais, retourné dans l'affreuse rivière de la vie, parmi les âmes des oubliés. Il ne sera jamais oublié, ni par moi, ni par la meute. Mon tatouage en attestera jusqu'a ma propre disparition. Je reniflais un grand coup. La louve a ma droite, ancienne compagne du disparu, hurla a la lune, me vrillant les tympans au passage. Je me tournait et enfouit mon visage profondément dans sa fourrure et murmurais que tout irais bien. Je savais parfaitement que non, les meutes de loup se font et se défont a la mort ou a l'exclusion du mâle dominant, mais pour le moment, je me voulais rassurante. Le temps passa. Trop vite. Je descendais déjà de la montagne, le cœur en larme et les yeux rougis par mes pleurs, en quête du village d'Orkutsk, dont je voyais déjà les toit enneig... Les toits. Pourquoi voyait-on les toits ?

Fronçant les sourcils et refermant doucement mon capuchon a oreilles de loup sur mes cheveux blond, je me demandais comment il pouvait faire aussi peu froid pour un village situé si haut dans les montagnes blanches. Le climat est quelque chose dont j'ignore, encore aujourd'hui, les fondements. J'entrait en ville, et par acquis de conscience, je demandais a un villageois si des soucis s'étaient fait sentir autour du village ces dernier temps. Me répondant a la négative, on me parla simplement d'un chevalier de retour, je me dirigeais, le cœur lourd, vers la taverne du village. La ville était en fête, j'espérait quelques ristournes sur une chambre. Que j'obtint facilement en faisant les yeux doux a l'homme derrière le comptoir. Je commandais une pinte de bière et m'enfermais dans une bulle de souvenir, l'air morose, en attendant que l'alcool fasse effet. L'utilisation de mon pouvoir était a proscrire pour me rincer sérieusement la gueule. Le souvenir de mon ami devait se faire au naturel. avec une moue mi colérique mi triste qui ne permettrait surement a personne d'engager la conversation, je commençait a vider la pinte.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Dim 9 Juin - 16:22

Trois jours. Trois jours complet de marche au pif dans la poudreuse, sans eau ni nourriture autre que de la neige fondue et un morceau de jambe de lézard géant congelé, et enfin je retrouvais la trace d'une route.

Pour tout vous dire, je ne sais même pas si la viande de ce machin était comestible. Une grosse bestiole couverte d’écailles mi-violettes mi-vertes par endroits. Étant à la base descendu dans cette grotte pour récupérer quelques objets que mon commanditaire souhaitait voir en sa possession, ce machin-là me fila le train trois jours durant, alors que je remontais vers la surface. Discret comme une ombre. Au début, je ne savais pas trop si il y avait quelque chose qui me suivait vraiment ou si c'était moi qui commençait sérieusement à déconner, et malheureusement, je ne fut fixé que trop tard. Il me sauta sur le râble lorsque les premières lueurs du dehors furent en vue. Mis à terre d'un coup de boule, j'eu à peine le temps de comprendre ce qui m'arrivait que je me trouvais coincé entre deux broyé entre deux rangées de dents. Plusieurs d'entres elles sautèrent sous l'effet du choc et se brisèrent contre l'acier de mon armure, au point qu'il me recracha aussi sec. Mais je n'étais pas sauf pour autant, avec une armure en lambeau. Néanmoins, l'affrontement. D'un estoc au travers de sa glotte, je lui perçais le crâne de l'intérieur, du même coup qu'il m'arracha tout ce qui se trouvait en dessous de l'épaule droite.

Enfin bref. Tout avait repoussé et/ou s'était remis en place depuis. J'avais abandonné les parties d'amures irréparables à la sortie de la grotte, m'habillant d'une vielle gambison noire mitée pour me protéger du froid et du tabard marqué des armoiries Domnhall. Peut importait ce qui avait pu se passer jusque là, de toutes manières. Après des mois de quêtes, trouver cette route ne signifiait qu'une chose : le début de la fin. D'autant qu’après quelques menus repérages sur ma carte, j'eu la confirmation que celle-ci menait belle et bien jusqu'à Orkutsk, si je choisissais d'avancer vers l'est. Suivre l'autre sens conduisait jusqu'aux postes-frontières de Seraph, et même si je n'avais jamais mis les pieds au delà, la traverser ne m’intéressait qu'assez peu.

L’après-midi mourrait lentement derrière les montagnes lorsque le village fut en vue. On s'activait vivement autour des petites maisons, quelques torches s'allumaient déjà, et un peu partout de longues colonnes de fumées s'élevaient, sortant de cheminées plantée à même le sol. S'amusant dans la neige et fonçant dans ma direction, une bande de gamins jouait à ce qui me semblait être une sorte de bataille de preux chevaliers contre de vils et maléfiques monstres invisibles. La bataille faisait rage jusqu'à ce que j'arrive à leur hauteur et qu'ils me remarquent. Le jeu cessa, la curiosité du petit groupe l'ayant emporté sur leur amusement. Me raclant la gorge, je lançais haut et fort, dans un cri rauque :

- Fuyez, jeune manants, fuyez devant l'appétit du chevalier ogre ! Le premier que j’attrape, je le jette dans ma marmite et je lui mange les orteils !

Et le jeu reprit aussi sec. Me connaissant pour la plupart déjà tous, quelques uns coururent directement au village sans piper mot. Mais les plus valeureux tirèrent de leurs ceintures de puissantes épées en bois, et lorsque ce fut mon tour de dégainer la mienne - encore taché du sang violet et visqueux du lézard - ils firent volte-face et eurent vite fait de rejoindre les autres fuyards en criant et riant. Je riait à mon tour en glissant ma lame à l'intérieur de son fourreau. Des chants s'élevaient dans les airs, rebondissant par écho dans toute la vallée blanche et des odeurs de viandes me vinrent aux narines, portées par les vents d'altitudes. Ragaillardis, je pressais le pas, direction les sous-sols du village.

Même si les étrangers pouvaient facilement s'étonner de la construction atypique d'Orkutsk, il ne s'agissait rien de moins que d'une tradition assez commune des habitants du nord que de construire la quasi-totalité de leur village sous terre pour échapper au froid et aux prédateurs des montagnes. Accessible par la mairie de la ville - un grand bâtiment de pierres construit à la surface - un long escalier de bois menait dans le couloir principal du village souterrain. Un long corridor circulaire muré de briques rouges, qui décrivait à quelques mètres des neiges de la surface un long cercle presque parfait, autour duquel s'étaient creusées d'autres tunnels et d'autres maisons, échoppes, auberges, et même une église. Bien que ne connaissant pas le réseau souterrain comme ma poche, je retrouvais tout même assez facilement le chemin de la taverne, prenant le temps de saluer chacun des villageois que j'eu l'occasion de croiser. Quelques uns se proposèrent même pour m'aider à porter mes sacs, mais en vue des festivités - censée célébrer le retour du beau temps, à ce que je pu comprendre - mieux valait les laisser à leur organisation en refusant poliment.

Et je fini enfin par me trouver devant la porte de la taverne. D'après les bruits qui en perçait, certains semblaient avoir commencé la fête plus tôt que les autres. Ils doivent même l'avoir carrément terminée depuis une ou deux heures, pensais-je en arrangeant un peu ma tenue. Car après tout, revenant d'une absence ayant durée je ne sais combien de temps, l'effet théâtrale était de mise. Un héros revenant d'une aventure en réussissant son entrée dans la taverne, ça a quand même sacrément plus de gueule, non ?

Poussant donc la porte d'une main, l'autre étant posée d'une manière tout à fait chevaleresque sur le pommeau de mon épée, un grand silence se fit dans la taverne. Je posais mes sacs dans le coin de la pièce le plus proche de la porte, et effectuant une courte révérence, j'enlevais mon casque.

- Mes amis, je suis porteur de trois bonne nouvelles. D'une, je suis vivant. Je ne sais pas trop pour vous, mais moi, déjà seulement ça, ça suffis à me donner le sourire. Secondo, j'ai dans ces sacs de quoi effacer au moins la moitié de mon ardoise ici. Ensuite ...

A ces mots, je joignais la parole et sortais d'une de mes sacs la tête d'un ogre, légèrement faisandée, mais bien préservée par le froid. Ces derniers vivant en ermite dans les montagnes et descendant de temps à autres pour terroriser les villages humains, et à l'occasion, ramener des captifs, abattre un ogre était toujours quelque chose qui facilitait la vie des habitants du nord. Je n'avais pas vraiment de mérite dans la mort de celui-ci, l'ayant pris en traître alors qu'il dormait, mais passons. Le gros de l'assemblée se mit à rire et bu un grand coup pour l'occasion, et tandis que l'un d'eux se désignait pour aller planter le cadeau sur une pique à l'entrée du village, les autres m’enjoignirent de me joindre à eux pour prendre un verre, et par la même occasion, de raconter mon périple. J'appris notamment qu'entre mon départ et mon retour au village, trois bon mois s'était passé. Chose peu étonnante, vu mes quelques décès lors de l'exploration de la grotte.

Et le temps passa. Les festivités commencèrent à la surface, mais on me demanda tout de même de raconter une dernière petite histoire. Galvanisé - et déjà bien humecté d'alcool - j'illustrais un passage de la grotte où il me fallu sauter de pierres en pierres au dessus d'un ravin en sautant de tables en tables, jusqu'au moment fatidiques où ayant pris appui sur un tabouret, un des pieds de ce dernier lâcha. Je finis mon récit sur une table, sonné par le choc, sous l’hilarité générale, et trempé par la boisson renversée de la demoiselle qui y était assise.


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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Dim 9 Juin - 17:46

Le temps passait. Il filait a la vitesse de la lumière. Mais en ce soir funeste, le temps n'était pour moi qu'un compagnon d'infortune. Il restait avec moi, a attendre que mon corps réagisse aux effets de la boisson, pendant que mon corps, bien trop entrainé a ce genre d'exercice alcoolisé, résistait aux assaut rondement mené de la bière. Ma capuche toujours sur la tête, je vidais ma septième choppe en une heure. Comment diable pouvais-je être aussi résistante alors même que mon pouvoir était en veille ? L'alcool m'avait prit pas mal de souvenir. Les gueules de bois n'étaient pas rare chez moi, et les amnésie partielles non plus, et jamais il ne m'avais fallu autant de temps pour me rendre ivre. J'était au trente-sixième dessous, tant au propre qu'au figuré -La taverne située sous terre me rappelais la grotte de mes louveteaux- j'étais fatiguée, mes yeux étaient toujours rougis parmes larmes et, bordel, j'enchaînais les choppes comme un nouveau né bois son lait. Dépitée, je fis glisser la choppe sur le comptoir et rappelais le tavernier pour lui commander le pire tord boyaux qu'il possédait. Je le regardais me servir un simple verre que je descendit d'un coup sec, puis en demandais une choppe. Malgré son regard surpris, il me servit quand même pendant que je déposais les quelques pièces que la boisson me coutait. Il l'appelait "brise-entrailles" et n'avais jamais vu quelqu'un ne pas tomber a la renverse dès la première goute de son alcool maison.

Je me levais et me déplaçais silencieusement entre les gens qui avaient visiblement commencé a faire la fête sans attendre la fin des préparatif -L'un des client se leva même pour porter un Toast avant de s'effondrer lamentablement, sous l'hilarité générale- et m'installait a une table, un peu isolée. Je remarquais vaguement un homme entrer, un Jaques décrépit et un tabar sur le dos. J'en conclu que c'était le chevalier dont j'avais entendu parler tout a l'heure. Il se mit a parler, mais je n'écoutais pas, trop occupée a essayer d'identifier de quoi était fait cet étrange breuvage qui était a la limite de faire fondre la choppe. M'occuper l'esprit pour faire mon deuil. Bonne idée. Je passait l'heure suivante a analyser la boisson. Ce truc était assez fort pour que je sente une teneur d'alcool proche des 70%. Il était composé d'une multitude d'alcool et de corps étrangers plus ou moins douteux. Disséquer un alcool nouveau était toujours une tache ardue, mais ma tristesse m'aidait a aller vite. Je découvrir le dernier ingrédient, puis je changeais successivement ma choppe en eau puis en brise-entrailles plusieurs fois de suite pour habituer mon pouvoir a recréer cet alcool soupçonneux. Du moins, c'et ce que j'aurais fait si un massif chevalier alcoolisé ne s'était pas pris pour un oiseau et n'avait pas tenté de prendre son envol dans une taverne souterraine avant de s'écraser sur ma table.

Couverte d'une choppe de Brise-entrailles, je reculait mon tabouret d'un coup sec, lorgnant l'homme piteusement couché sur ma table. un autre jour dans une autre taverne, j'aurais empoigné mon tabouret et aurais fracassé la table en faisant une plongée du coude dans l'abdomen de l'incongru personnage, puis je l'aurais massacré a coup de pied de chaise. Que personne n'en doute, les pieds de chaises sont destructeurs, surtout entre mes main. Mais ce soir, la tristesse me gagna, la lassitude l'emporta sur la colère et la fatigue me rendit mollassonne. Je plaçait mes main au dessus de l'homme et changeais tout l'alcool qui imbibait nos vêtements, aux chevalier et a moi, en eau -Surtout pour que ma capuche ne soit pas tachée d'une saleté- puis, d'un mouvement lent, je purgeait tout l'alcool qu'il avait dans le sang avant de me rasseoir pour prendre la parole.

- "Chevalier, fis-je d'un ton que je voulais dur, mais qui me paraissait triste, même a moi. Je vous aurais-bien étripé, mais la ville est en fête et je ne voudrais pas troubler cet élan de bonheur. Alors pour vous faire pardonner, j'espère que vous vous comporterez comme votre rang l'exige et que vous allez me rembourser mon verre. Et puis, continuais-je d'un ton beaucoup plus bas, avec mon légendaire sourire carnassier, pour que lui seul m'entende. Je viens de supprimer tout l'alcool de votre corps. Sans vouloir être méchante, évitez de boire autant si vous ne tenez pas l'alcool. Vous venez de bousculer une femme en deuil, et je ne connais rien de plus dangereux."

Je l'aidais a se relever, parce que j'était trop triste pour le pousser sous la table, trop triste pour lui casser le nez a coup de gantelet d'acier, trop triste pour lui fracasse une choppe sur le haut du crane, lui enfoncer une dague dans l'œil ou lui lacérer la chair a coup de fouet. La tristesse me rend mole. Les rire continuait autour de nous, mais je m'en fichait. Ce soir, seul comptait mon état d'esprit. Comme pour me rappeler a l'ordre, mon tatouage me picota un instant, puis la douleur s'en fut. Celle dans mon cœur resta, elle, pendant que je regardais le chevalier. Quelque chose me frappa.

- "Ou donc est passée votre armure, fis-je sur le ton de la conversation. "
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Dim 9 Juin - 22:17

- et que vous allez me rembourser mon verre. Je viens de supprimer tout l'alcool de votre corps. Sans vouloir être méchante, évitez de boire autant si vous ne tenez pas l'alcool. Vous venez de bousculer une femme en deuil, et je ne connais rien de plus dangereux."

J'avais l'impression de me réveiller avec une sévère gueule de bois. Un mal de tête atroce. Une voix bizarre résonnant jusqu'aux tréfonds de mon crâne torturé. Et un gout de banane dans la bouche. J'étais en train d'expliquer avec précision et le plus grand des sérieux les détails de mon périple, et ce pilier de la grotte - non - ce tabouret s'était brisé sous mon poids. Et je reprenais maintenant mes esprits face à une sorte de grand fantôme rouge avec ... de grandes oreilles ? Non, en fait, c'était une personne. Ou peut être pas ? Me redressant sur mon séant, je constatais que tout était devenu trouble autour de moi. Tout était flou sans distinctions, un amalgame de formes intangibles et colorées, se dilatant et se résorbant dans l'espace, aux mouvements rythmé par les sons tout autour de moi, qui eux, ne souffraient d'aucune altération. Instinctivement comme après une bonne murge, je passais une main sur mon visage puis à l’arrière de ma tête, un peu comme si tout ce qui n'allait pas s'effacerait, à condition de gratter assez fort dessus. Une vive douleur me pris alors à l’arrière du crâne. Inspectant plus en profondeur, mes doigts finirent par entourer une forme froide et mouillée, comme enfoncée à l’arrière de mon crâne. Elle se délogea en tirant d'un coup sec, et tandis que j'essayais de voir de quoi il s'agissait, la zone de mon crâne blessée se régénéra, et ma vision avec. Un éclat de verre, dont la majeure partie était teinte d'un liquide rouge. Ce machin là s'était retrouvé dans mon cerveau après que je soit tombé ?

Refroidis par cette étrange trouvaille, j'acceptais par reflex la main tendue vers moi et me relevait, encore légèrement groggy. Quoique non en fait. C'est un peu plus différent que ça. Je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais cette chute semblait m'avoir comme "dérobée" mon état d'ébriété avancé. Comme si quelque part, tout l'alcool que j'avais bu jusque là s'était déversé hors de ma tête. Comprenez-moi bien : en général, mon foie se restaurant bien plus rapidement que la moyenne, il me faut bien plus d'alcool que ce que j'avais pu boire jusque là pour me mettre la tête en dedans ; or, là, déjà loin d'être ivre à ce point, mon foie ne pouvait avoir annihilé les effets de la boisson aussi vite. C'était étrange. Très étrange. Mais bon. Avec une bonne dizaine de centimètres de verre dans le crâne, n'importe qui se serait retrouvé comme après une bonne douche froide. Je crois.

... Attendez. Qu'est ce qu'elle voulait dire, cette voix, par "supprimer" tout l'alcool de mon corps ?

Revenant d'un cran supplémentaire dans la réalité, je me rendis compte qu'au delà de cette inondation d'informations qui venaient de déferler dans ma tête, j'était loin d'être seul dans cette auberge. Autour de moi, les clients riaient de bon cœur et portèrent un nouveau toast, plus pour avoir l'occasion de finir leurs verres d'une traite et d'en commander un autre que pour célébrer ma chute je pense, le patron me regardait d'un air voulant dire Faudra payer les dommages et puis surtout, il y avait cette inconnue enveloppée dans sa cape à oreilles de loups - de loup ? - qui m'avait relevée. Cette dernière, selon ses propres dire, avait bel et bien supprimé les effets de l'alcool. S'agissait il d'un pouvoir ?
Ma foi, loin de me douter qu'un tel pouvoir pouvait exister, étant une bête de foire incapable de mourir moi-même, je n'étais qu'à moitié étonné. Le monde était bien vaste, après tout. Qui plus est, un pouvoir annihilant les effets de l'alcool avait de bons avantage. Outre l'aspect effaçage de gueule de bois instantané, il y avait de quoi gagner gros. En devenant tavernière, elle pourrait largement faire augmenter le nombre de consommations grâce à ses dons. Mais était-ce tout ce dont elle était capable ? A première vue, non, à en juger par la jupette et les gantelets en métal.
Sans tergiverser d'avantage, je m'empressais de m’exécuter. J'était le drille acrobate et danseur sur table en faute, et que coûtait un verre, après tout ?

Posant mon postérieur sur un tabouret, j'invitais la demoiselle à en faire de même, et signifiait au patron d'un geste du pouce vers le gosier de nous servir quelque chose. Profitant de l'attente pour passer une main dans mes cheveux afin d'ajuster ma crinière, et de réajuster ma barbichette, je détaillais un peu plus mon interlocutrice. Jeune, mon âge peut être, plus petite et plus maigrichonne que moi, sa constitution était différente de celle un peu plus "costaude" des femmes du coins. En plus de ça, sa cape et son équipement métallique n'évoquait pas tellement une paisible villageoise. Guerrière en mission, mercenaire ou assassin, peut être ? Et cet air sur son visage ... Elle était loin d'être commune. Et venant d'un kiki dans mon genre, cela pouvait signifier un tas de chance.
Bah, de toutes façon, j'ai toujours été un peu trop prompt à émettre des jugements, et la moitié de ces questions disparurent lorsque le tavernier vint nous apporter nos consommations. Et puis la conversation s’amorça :

- Ou donc est passée votre armure ?

- Ma foi, ça c'est une question intéressante,
répondis-je en siphonnant la moitié de ma chope. L'essentiel est en train de rouiller dans la neige à l'entrée d'une caverne, au nord-ouest du village, tandis que de bons morceaux reposent au fin fond de l'estomac d'une sorte de gros lézard, un peu plus loin dans la même caverne, avec une bonne partie de mon bras.

Alliant geste à la parole, je dégainais un canif de ma poche et m'entaillais légèrement la main. Quelques gouttes de sang en coulèrent, puis lorsque plus rien ne sortit, j'essuyait le sang coagulé et exhiba ma main intacte, propre de toutes coupures ou cicatrices, comme neuve. Terminant mon histoire, j'embrayait sur une explication sur mes dons, qui pouvaient aller de la fermeture d'une plaie faite en se coupant un morceau de saucisson à la guérison totale d'un démembrement pur et dur, avant de revenir sur le combat avec la bête. Je n'était pas peu fier de ce don, à un tel point que mes histoires avaient vite fait de s’enchaîner sur d'autres, et pour finir, les discussions déviaient tellement du point de départ qu'il était compliqué de se souvenir de ce dont il était sujet au départ. Cette particularité, je la tenait de mon paternel, à ce qu'on disait. Enfin, les gens capable de voir en moi l'héritier de Fort-les-Confins au delà du simple chevalier Domnhall. Ce n'était pas tellement pour me plaire qu'on me compare à mon père, cela dit. Mon visage, ma façon de parler et ma couleur de cheveux, les gens allaient même chercher une similitude au niveau de mon bouc, qui leur rappelait - pour les plus vieux - le Lord Petyr dans sa jeunesse ... Mais il fallait bien admettre que nos similitudes restaient légions, même si nous étions deux à les nier en bloc.

Bientôt quatre ans de fuite, et j'était là à repenser au paternel, alors que je partageais un verre avec un ravissante jeune femme ? Vous parlez d'un triste.

Je noyait immédiatement cette pensée dans une grande gorgée de bière. Il en faudrait plus pour faire rouler mes idées noires sous la table en chantant des chansons païardes, mais mon petit doigt me disait que la soirée commençait suffisamment bien pour que cela se produise.

- Et vous, que fait donc une jeune femme seule, armée comme vous l'êtes, dans une région aussi inhospitalière ? demandais-je, un sourire aux coins.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Lun 10 Juin - 11:02

Le chevalier mis un certain temps un se relever. Au départ abasourdit, il porta sa main a sa tête et farfouilla un moment, avant d'extraire un morceau de verre, de choppe pour être exacte, de son crâne. Sans autre forme de procès. Juste comme ça. Un morceau de verre de cinq centimètres fiché a l'arrière du crâne, et aucune autre réaction qu'un regard hagard et un petit tintement quand le morceau de sable fondu incriminé tomba sur le sol. Soit l'alcool tapait plus fort que prévu, soit cet étrange chevalier sans armure était doté d'un pouvoir sacrément puissant. Et intéressant.

l'homme accepta ma main, puis, comme frappé par la foudre, il cessa tout mouvement. Il semblais réfléchir. Le retour a la réalité qui j'infligeais souvent au gens en les dégrisant instantanément faisais souvent cet effet là. Mais celui ci venais, en plus, de guérir instantanément d'une blessure mortelle pour la simple mortelle que j'étais. Le choc ne devait être que plus violent. Après un temps de réflexion, cet étrange jeune homme me proposa de m'asseoir en commandant une boisson. Au point ou j'en était, n'importe la quelle ferais l'affaire, aussi acceptais-je de bon cœur. Pendant que le chevalier procédait a une évaluation de ma personne, j'en faisais de même. Chevalier sans armure, donc, au yeux d'un bleu aussi pur que le rouge de mes propres globes oculaires. Des cheveux court et brun, parfaitement taillés, et une courte barbichette comme les nobles aiment la porter. Ses yeux respiraient la jeunesse, avec cette pointe de folie caractéristique aux homme qui ont vu trop d'horreur. Si mes conjectures étaient les bonne, la cicatrice qu'il avait autour du coup devait théoriquement être mortelle -J'avais moi même infligé ce genre de blessure a pas mal d'êtres vivant, et même une épine de mon fouet pouvais tuer si elle se plantait dans le cou d'un homme- mais il tenait debout, frais et pimpant. Je lui demandais ou diable était passée son armure. Un chevalier ne s'en sépare généralement jamais.

C'est ainsi qu'il me raconta son histoire. Chose peu commune, j'avais envie d'en savoir un peu plus sur cette étrange personne. Tous les nobles que j'avais rencontré durant ma courte vie avaient des talent d'orateur hors normes, mais celui-ci était bien supérieur aux autres. Il me parla de la façon dont-il avait récemment perdu son armure au fond d'un estomac et me montra une petite étendue de son pouvoir. J'avais fait une bonne analyse, tout compte fait, mais ce n'était plus trop important. L'alcool aidant, il enchaîna sur d'autre de ses aventures. Bien qu'étant jeune tout les deux, nous avions ce point commun d'avoir vu, et vécu, des horreur peu banales. Il était potentiellement immortel, mais pas invincible. Il était mort au cours de combats acharné, mais revenait toujours a la vie ensuite. Je pensais sincèrement que ma force morale aurais explosée en morceau dès la première fois que cela me serait arrivé, mais je ne le lui dit pas, continuant de l'écouter. Plusieurs question se bousculais dans ma tête, mais elle s'en furent quand il me posa une question.

- "Et vous, que fait donc une jeune femme seule, armée comme vous l'êtes, dans une région aussi inhospitalière ?"

- "Hm, fis-je en grimaçant a la pensée de mon loup, laissé seul dans la neige en haut de la montagne. C'est une longue histoire."

Je n'avais pas spécialement envie d'en parler, a ce moment là, mais le preux chevalier qui se trouvait en face de moi m'avait conté une partie de son histoire. J'en fit de même, ne serais-ce que pour remettre les compteur a zéro. Je lui expliquais la situation que j'avais avec mes parent, étant enfant, puis comment j'avais réussis a m'enfuir a l'adolescence. Je lui racontait que mon amour pour la forge, l'alcool et les femmes -les hommes aussi, certes, mais moins- était né grâce a mon maitre, et comment j'était partit après avoir assimilé la plus grande partie de son savoir. Je détaillait ensuite mon déguisement pour me faire engager dans une milice privée, et passait très vite sur l'épisode du viol ou je découvrit un nouveau pendant de mon pouvoir. Cela l'éclaira surement quand je dit que je pouvais, a loisir, rendre quelqu'un ivre ou le dégriser juste par la pensée, changer l'eau en alcool et inverser le processus sans jamais altérer la qualité de l'un ou de l'autre. Comme il l'avait fait avant moi, j'illustrait la chose. Je récupérait ma bière, la changeais en eau puis, dans prise d'une envie soudaine, je la remplaçait par de la liqueur de piment, alcool tellement brûlant qu'il en était devenu interdit. Pendant que je cramais mes papille en buvant le breuvage plus fort de l'histoire, je continuais la description de ma vie en lui parlant de mes loups. Je sentit les larmes perlées quand je lui racontait comment ils m'avaient sauvée la vie, moi, frêle jeune femme mourant de froid.

- "Je suis ici pour leur rendre visite, terminais-je en sentant une larme rouler le long de ma joue. En général, je m'en vais tout de suite après, mais l'un d'eux est mort, alors je me suis dit que me mettre minable me ferais le plus grand bien. Malheureusement, mon corps refuse totalement que je soit ivre."

Je vidais ma chope cul-sec et commença a cracher mes poumon. Cet alcool brûlait terriblement. Il était même tellement dangereux qu'il en était interdit a certain endroit du pays. Je ne craignais pas de mourir, je pouvais aisément le changer en quelque chose de beaucoup moins fort. Pas loin d'une quinzaine de quinte de toux plus tard, je pus enfin reprendre la parole, les larmes aux yeux et les poumons au bords des lèvres.

- "Bref, fis-je en grimaçant. Nous ne nous sommes même pas présenter. Je suis Melinda Rosace, forgeron émérite, alcoolique notoire et mercenaire. A qui ais-je l'honneur ?"
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Mar 11 Juin - 9:44

L'apanache du bon aventurier, c'est un degré suffisamment dosé de curiosité. Et mon problème, c'est que niveau curiosité, je suis loin derrière la limite. Cela m'avait déjà posé nombre de problèmes par le passé. Et là, j'eu encore le droit à un récit déchirant. Cette fille était passé par de rudes épreuves, comme chacun d'entre nous. Lorsqu'elle eu fini son histoire, je trinquais avec elle de bon coeur, et tandis qu'elle avalait ce qui me rappelait vaguement être du sang de limaces rouges, je me confortais dans l'idée qu'elle ferait une tavernière du tonnerre, avec des dons pareils. Mais ce qu'elle avait traversée devait lui rendre l'idée d'une vie paisible impossible. Personnellement, lorsque j'avais le moral au plus bas, je trouvais un exutoire dans l'aventure. Peut être pas celle que je mènerais au jour le jour pour gagner ma croûte, mais lorsque la vie est dure et que les choses vont mal, la première mission réputée difficile qui passe, avec une mort certaine et de faibles chances de réussites, je me jette dessus. Le combat est salutaire en bien des façons aux tourments. Une manière d'effacer le mal par le mal, j'imagine. Chacun sa croix.

- Bref, nous ne nous sommes même pas présenter. Je suis Melinda Rosace, forgeron émérite, alcoolique notoire et mercenaire. A qui ais-je l'honneur ?

- C'est un honneur, demoiselle Rosace, fis-je en me levant de mon tabouret. Chevalier Oscar, de la maison Domnhall, vassal lige du de l'Ancien et du royaume, aventurier immortel et héritier répudié de Fort-les-Confins. Pour vous servir.

Respectant l'étiquette et le code de la chevalerie à la lettre et liant gestes aux paroles, je prenait la main de mon interlocutrice dans la mienne et déposait un baiser sur le dos de celle-ci, le tout agrémenté d'une courte révérence. Puis je me rasseyais tranquillement. Même si techniquement, j'avais été déshérite et excommunié, je me considérais toujours comme membre à part entière de la famille Domnhall, noble maison aux coutumes ancestrales, et bien que poussiéreuses pour la majorité d'entre elles, toutes aussi nobles les unes que les autres. En ce qui concernait ma présentation, un tel déballage de titres pouvait paraître un ramassis de charabia pour le non initié. Ainsi donc vais-je vous gratifier d'un petit cours sur les eusses et coutumes de ma famille (que vous pouvez aisément sauter si vous vous reportez au paragraphe d’après. Je ne vous en voudrais guère, du fait que ces leçons d'histoires ont toujours eu un effet soporifique sur quiconque avait le malheur de les écouter, tout du moins en ce qui me concerne.)

La maison Domnhall est présente dans l'histoire du royaume depuis deux millénaires. A la base, mes ancêtres étaient originaires du nord, d'un nord bien au delà des postes frontières. Il existe peu de documents relatant leur histoire avant qu'ils ne passent les montagnes du Khandas, même nos mythes et légendes n'y font que très peu allusions, s'accordant toutes à dire - si ma mémoire ne me fait pas défaut - qu'ils descendirent du nord pour mettre leurs épées et leurs boucliers au service du royaume, faisant fi de toutes existences passées. Et pour ne rien vous cacher, c'est ce qu'ils firent, dés leur arrivée. On raconte qu'ils menèrent une grande campagne contre l'armée ogre qui menaçait grandement le royaume en ce temps là. Après la bataille finale, n'étant alors plus qu'au nombre de sept, les survivants, un genoux à terre sur la grand place de Bharkan, prêtèrent un serment d'allégeance sacré devant la famille royale. Mon grand ancêtre, Gallant l'Ancien, en guise bonne foi, offrit au royaume la tête et la massue du roi des ogres, alors que son armure était encore tachée de son sang violacé et visqueux. Anoblis grâce à leurs exploits, les héros se virent octroyer des terres en Enthopi, et y bâtir la forteresse de Fort-les-Confins, aujourd'hui aussi fière que jamais sous la seigneurie du Lord Petyr Domnhall, accessoirement mon paternel. Ça vous donne une idée de genre de kikis que ces gars là pouvaient être, n'est ce pas ? Eh bien, c'est l'état d'esprit qui perdure dans ma famille, même si plus de deux millénaires se sont écoulés. Nous vénérons depuis ce temps le père de notre maison, l'Ancien, bien qu'il ait loin d'avoir été un dieu, c'est plutôt ce qu'il incarne ce qui nous est cher : honneur, devoir et respect. Nous faisons passer avant nos propres intérêts la protection du royaume et de ses habitants, d'où notre devise "Sous la protection de votre bouclier". Avec tout cela, vous devriez y voir plus clair. Je pense.

Un léger silence passa - enfin, si l'on peut bien parler de silence au milieu d'une taverne - disons plutôt qu'il y eu un blanc.

BON ! Il y a une fête au dessus de nos têtes, et nous sommes là à nous morfondre. Je me levais aussi sec, et quittant la table quelques secondes pour aller payer ma note et celle de mon interlocutrice du même coup, je revenais vers cette dernière, lui tendant la main. Il en va de mon honneur de vous inviter à cette fête. Que diriez vous d'un bon repas et d'un concours de boisson en bonne et due forme, que je puisse vous montrez que mes talents d'ivrognes soient aussi sinon plus développés que les vôtres ?
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Mar 11 Juin - 11:24

Oscar Domnhall. Sire Domnhall. Dans mon esprit, ça sonnait bien. La maison Domnhall me disais vaguement quelque chose -surement mon maitre qui m'en avais parlé, étant féru d'histoire- surtout au sujet d'ogre et de pays lointain. J'avais beau me creuser la cervelle, je ne trouvais pas d'autre souvenir rattachés a ce nom. Un chevalier étant ce qu'il est, il se leva pour se présenter -alors que j'étais resté sagement assise sur mon tabouret, mais j'avais fait un effort, je n'avais pas les pieds sur la table- et me gratifia d'un baise main. De tous les homme que j'avais connus, le nobles sont les plus charmants. Le baise main est pour eux une façon de présenter ses respect aussi simplement qu'un salut militaire. Malheureusement pour eux, je portais en quasi permanence mes gantelet d'acier, et ces messieurs s'entaillaient généralement les lèvres dessus. Oscar ne le remarqua même pas et cicatrisa dès que ces lèvres s'écartèrent de ma main, le sang n'aillant même pas eu le temps de perler. Je fis un petit sourire, sincère, pour une fois, envers ce chevalier déchu de ses titre de noblesses.

Un petit moment passa avant qu'il ne se décide a reprendre la parole. Pour me proposer de monter faire un concours de beuverie. Je n'avais pas participé a un concours de boisson depuis... longtemps. Étant plus jeune, j'avais tendance a tricher pour gagner les mises, souvent faramineuse, que l'on nous proposais durant ce genre de petites compétition. Mais cette soirée n'était pas comme les autres. Je venais de faire une rencontre inhabituelle et j'étais en deuil. Pas question d'utiliser mon pouvoir pour gagner quoi que ce soit ce soir. Étrangement, je ne ressentais toujours pas les effet de la liqueur de piment -qui se font généralement sentir après deux minutes- et malgré ma récente purge, j'avais quand même enchaîné quelques bière avec cet étrange chevalier. Enfin bon, l'heure n'était pas a la réflexion. Je me levais, comme pour certifier mon assentiment, et pris le bras du gentilhomme pour me diriger vers la sortie.

____

Putain. Putain. Putain. Oui, c'est une triste façon de démarrer une journée, mais que voulez vous, c'était a l'instant précis de mon réveil la seule chose qui me venait a l'esprit. Putain. J'osais rajouter un "Merde" bien senti derrière ce triste mot, mais je trouvais que cela faisait trop. Aussi optais-je pour en rajouter une couche. Putain. Voilà. Je me sentais un peu mieux de cracher, dans mon fort intérieur, mon insatisfaction la plus totale envers la vie, cette chienne, qui me renvoyait toutes les idioties que j'avais pu faire la veille au soir dans le front. Oui, le front, parfaitement. J'avais un morceau de métal chauffé à blanc en travers de la tête -peut-être n'était-ce pas juste une impression- et mon cerveau tentait vainement de se faire la malle. Je tentais moi même de le remettre a sa place avec un geste désespéré, secouant la tête, et le regrettait aussitôt. L'alcool ingurgité dans la soirée et dans la nuit se manifestait de façon plus que convaincante, me vrillant le peu qu'il me restait de conscience. Puis, derrière la douleur, les souvenirs affluèrent. Par bribes. Je me voyais assise a la taverne, puis, un flash plus tard, au bras d'un chevalier. Je me souvenais vaguement d'une histoire de renversement de table, d'une invitation a des jeux a boire... Puis plus rien. Le trou noir le plus complet.

Bon, il était l'heure d'essayer de se lever. Je savais que je n'était pas sur un lit -le matelas était trop dur, je penchais plutôt pour du parquet- et j'avais froid. Je tentais, vainement, d'ouvrir les paupière, mais la lumière me fit un mal de chien. J'essayais de trouver une solution durable pour contrecarrer les effets de l'alcool jusqu'a ce que je me souvienne de mon pouvoir. Je purgeais tout et me retrouvais fraiche et pimpante, les yeux grand ouverts, allongée a moitié nue sur le parquet d'une chambre occupée par deux hommes que je ne connaissais pas -Oscar n'était pas l'un deux- avec des affaires éparpillée dans tous les coins. Sans aucune gène, je récupérais ce qui m'appartenais et regardant d'un coin de l'œil mes deux probables amans, puis enfilais mes vêtement en réajustant les pièces de métal qui s'étaient faites la malle. En m'habillant, je remarquais une fine coupure le long de mon bras, très légère, qui n'avais visiblement pas saignée et qui s'étendait sur quelques millimètre. A ce moment là, je me demandais vraiment ce qu'il s'était passé durant la soirée que j'avais passé dans ce village. Sans un regard deux plus aux jeunes gens dormant encore au fond du lit, je sortit silencieusement de la pièce, puis de ce qui me semblais être une maison, pour me retrouver dans une galerie. Je devais toujours me trouver dans Orkutsk, sous la surface. Je connaissais un peu le village, aussi n'eu-je pas de mal a retrouver le chemin vers la surface.

La vision cataclysmique qui s'offrit a moi me semblais irréelle. Ce qui devait-être, a la base, une simple fête de village pour fêter la chaleur avait l'air d'avoir dégénérée en une parodie de centre de grande ville un matin d'après fête. Premièrement, il n'y avais absolument plus une seule trace de neige ou que mon regard se porte. Étant donné le froid ambiant -plus chaud qua l'accoutumée, certes- j'imaginais mal la neige se carapater pour aller chercher un lieu plus apte a sa survie. Secondement, les meubles étaient tous réduit a l'état de brindille, de petit bois, ou simplement réduits en charpie. Et enfin, la plupart des habitants que j'avais sous les yeux avaient l'air d'être dans le comas le plus total. Certain gémissaient, mais le plus gros d'entre eux dormait paisiblement. Je ressentait de forte dose d'alcool dans les corps qui se trouvaient autours de moi, mais pas des doses dangereuses, fort heureusement. Je me mis en quêtes d'une boisson, n'importe la quelle, pour me désaltérer, et tombais sur un tonneau de ce que je pensais être de l'eau. Je l'ouvris d'un coup de gantelet bien placé et constatais avec stupeur le liquide rougeâtre et translucide qui stagnait dans le tonneau.

Je devais trouver oscar pour éclaircir la soirée. Son cerveau se serais surement plus vite remis que le mien et il m'expliquerais pourquoi j'aurais pu faire un chose aussi stupide que changer toute l'eau potable du village en liqueur de piment.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Mar 11 Juin - 17:52

A défaut d'être la meilleure, cette fête fut de longtemps la plus arrosée à laquelle j'eu l'occasion de participer. Enfin, je critique, mais c'était reposant de voir que certaines chose ne changeaient pas, et la convivialité des gens du nord en comptait définitivement. Ça et leurs chansons. Les gens étaient loin d'être aussi accueillants et amicaux plus au sud. Là-bas, d'autres genre de fêtes avaient lieu, comme le Sacre de la Reine du Printemps à Milkauln, les nombreuses célébrations dansées d'Endurn, les machins païens de Raklun ou bien évidemment les tournois royaux de la capitale. Mais même si chacune de ces festivités possèdent leurs caractéristiques propres, chanter de si bon cœur aux cotés d'inconnus complets dans un flux incessant d'alcool est une chose qui ne semble possible qu'avec les deux pieds enfoncés solidement dans la neige.

La fête avait tout de même laissé un beau bordel sur la place. Tard dans la nuit, après de longues heures à beugler toutes sortes de chansons (devenant grivoise au fur et à mesure que la soirée avançait) la tendance avait subitement virée en une bonne grosse bagarre, en une fête de la castagne, en un distributeur de gnons, une bonne vieille baston, pugilats ou autre foire aux bourre-pif gratuit ; bref, une fin de soirée ma foi bien commune et dont nos amis nordiens détiennent le secret. La raison de cette nouvelle activité me restait assez obscure. Un mauvais plaisantin semblait avoir permuté plusieurs verres avec ce qu'ils appelaient un véritable feu liquide. Ils y passèrent une bonne partie de la nuit, j'imagine, ou tout du moins comme je pu le constater au matin, devant le champs de bataille. La majeure partie du mobilier n'avait pas résisté à la fête, et les quelques survivantes parmi les chaises et les tables pleuraient leurs amis tombés au champs d'honneur. Un petit groupe de fêtards disséminé partout sur la place avait passé la nuit à la belle étoile et ronflait sous le pâle soleil du matin, tandis que je m'activais pour terminer les derniers préparatifs de mon départ. Un palefrenier avait bien voulu se réveiller pour moi, en maugréant certes, bien que les pièces d'or que je lui fit tomber en échange d'une de ses bêtes lui fit oublier l'amertume du réveil. La bête n'avait rien de particulier. Disposant d'une carrure plus large qu'élancée, les chevaux du nord servaient plus souvent à labourer les terres qu'à faire office de coursier, mais vu le chemin qu'il me fallait parcourir, il serait bien suffisant. De toute façon, une fois à Milkaun, je n'aurais qu'à le revendre à un bon prix aux paysans des plaines. Ces derniers appréciaient toujours d'avoir de solides bêtes de traits pour les aider dans leur labeur.
En tout cas, mes affaires étaient déjà toutes empaquetées et ne demandaient plus qu'à être embarquée sur le bourrin, restait plus qu'à le sceller et à rassembler un petit frichti pour la route avant de mettre les voiles.

Être frais et dispo une matinée de lendemain de cuite. C'était l'un des nombreux avantages réservés par mon pouvoir. Et aussi l'un des nombreux inconvénients. Posséder un foie se régénérant au fur et à mesure que l'on picole à évidemment un impact direct sur la quantité de boisson à ingérer avant de connaitre l'ivresse, mais au final, quoi que l'on puisse boire et qu'importe la quantité, le réveil suivant la saoulerie ressemblait à tout les autres. Jamais je ne connaîtrais le mal de crâne du poivrot accompli. Jamais je n'entendrais les mélodies joyeuses du piverts dans la tête. Jamais je ne connaîtrais les doutes sur les événements ayant pu se passer la veille au soir en me retrouvant à ma plus grande surprise dans un lit avec une chèvre un matin. Bien que pour ce dernier exemple, je dois bien admettre que jusque là je n'ai que très peu eu l'occasion de me retrouver alité aux cotés d'un tel ... invité.
Hmm. Peut être que ces exploits pourraient être à ma portée, si Melinda et ses dons m'assistaient. Mais n'ayant ma foi que peu d'indices sur ce qu'elle était devenue au milieu de la fête, je pense que cette question resterait sans réponse.

De mon coté, je m'étais esquivé de la fête après avoir reçu un coup de genou particulièrement bien placé dans la virilité lorsque la bagarre débuta, je me repliait stratégiquement dans ma chambre à l'auberge, pour ensuite m'y endormir comme une masse. J'avais perdu la trace de Melinda peu de temps avant cela, suite à un concours de boisson qui fut aussi théâtre de ma défaite, trahis par mon propre estomac tant il eu du mal à suivre le rythme de la jeune femme. Mais je prenais ma revanche à un jeu de couteau originaire de l'est dont j'avais le secret. Pas très intelligent comme occupation, il consistait à faire tenir en équilibre sur un doigt des lames de plus en plus grosses jusqu'à ce que l'un des joueurs se blesses, mais je triomphais enfin, sans la moindre égratignure, tandis qu'elle s'en tirait avec une légère incision au bras. Elle avait soit de la chance, soit son doigté était égal à celui des plus fines lames de Raklun, car je n'avais jamais vu quelqu'un ne pas perdre de doigt lors de son premier essai. Et puis ce fut l'heure des histoires. Tiré sur une table - après m'être fait grassement réclamé par l'assistance - on me pria de raconter quelques histoires. Ce que je fis. Épée au poing, mimant l'action au fur et à mesure que l'histoire avançait, je fit bien trois aller-retour sur la longue attablée, renversant à chacun de mes passages assiettes, plats et verres. Quelques chants suivirent, puis la bagarre, et déjà là j'avais depuis déjà longtemps perdu sa trace.
Mais je ne m'inquiétais pas outre-mesure. Elle avait la vie dure et savait se défendre, et son physique ne passant pas inaperçu, je me doutais bien qu'elle devait avoir trouvé quelques plaisantes maniérés de finir la nuit.

Et j'eu bien raison de ne pas m'en faire. Les bras pleins de porc salé, de saucissons fumés et de milles autres genre de charcutaille, ainsi que de plusieurs bouteilles d'hydromel et d'un sac de bon poids rempli de la meilleure herbe à pipe du village, je l'aperçu du coin de l’œil en sortant de l'épicerie, alors qu'elle semblait errer sans réel but au travers du village, prés d'un tonneau.

- Ehoh ! Belle journée pour dégriser, vous ne trouvez pas ? clamais-je avec le même entrain de celui qui s'extasie de voir les têtes de déterré un lendemain de soirée bien arrosée, mais je perdais la moitié de mon enthousiasme dans la seconde qui suivit, les tenants de ses pouvoirs me revenant à l'esprit. J'ai bien peur de vous avoir perdu dans le tumulte hier soir, j’espère que vous avez profité autant que possible avant de reprendre votre route. Quelque chose me dit que oui, et que vous n'êtes pas étrangère aux événements un peu plus ... "musclés" de la fête. Je marquais une courte pause, le temps de goûter du bout du doigt l'étrange boisson que tous décrivait d'enflammée.
Que je recrachais immédiatement. Définitivement trop fort pour moi. Une fois bien certain de ne pas m'être brûlé la langue au troisième degré, je reprenais :

- Pour ma part, je reprend la route ce matin. Un cheval m'attend aux écuries, et je viens de récupérer de quoi garder le ventre plein jusque Milkaun. Là, sans que je ne sache vraiment pourquoi, je me remis à penser à ce qu'elle m'avait raconté la veille au soir, son histoire, ses loups ... Et j'extrapolais avec mes propres pérégrinations. Le peu de compagnons de route que j'avais eu jusque là n'étaient guère bavards - quelques hennissements, tout au plus, mais pas de quoi tirer une véritable conversation- et il serait plaisant d'avoir au moins un compagnon de bouteille, plutôt que de se balader seul. Tant qu'à reprendre la route, pourquoi ne pas tailler un bout de chemin ensemble ? Perdu dans cette pensée soudaine, je reprenais : D'ailleurs, si vous allez en direction d'Enthopi, que diriez vous de-

Un beuglement herculéen ébranla le village, si ce n'est la montagne toute entière. Digne de faire mouiller leur culotte à bien des pleutres. Une ombre ailée gigantesque passa au dessus du village et d'un battement d'aile, elle souleva une bourrasque d'herbe, emportant le toit d'une maison sur son passage. Comme si la première fois n'avait pas à réveiller jusqu'aux morts dans un rayon de plusieurs kilomètres, un second hurlement résonna un peu plus tard, suivis d'un cri - un cri humain - lui beaucoup moins fort. Pour ne rien vous cacher, ces événements soudains eurent pour effet de me déconnecter quelques secondes de la réalité. Disons que ce n'était pas vraiment la première chose que l'on s'attend à entendre de bon matin. Je laissais tomber mon sac, qui s'ouvrit en tombant, laissant rouler sur l'herbe un saucisson qu'un chien, bien qu'apeuré par le vacarme mais pas fou, s'empressa de coincer entre ses crocs avant de s'enfuir.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Mar 11 Juin - 19:19

Il ne fallait pas panier. Surtout, ne pas paniquer. Je changeais l'alcool du tonneau en eau et y plongeais les main pour y boire une grosse gorgée d'eau fraiche. Mon amour immodéré pour l'alcool n'avais pas encore atteint le stade du petit déjeuné alcoolique. Je réservais ma passion pour les soirée, comme celle d'hier, ou pour les rendez-vous galants. Changer l'eau en l'un des meilleur champagne de Bharkan ou en un vin millésimé de Milkaun faisait toujours un petit effet qui me garantissais les plein pouvoir sur mon rencard. J'en usais et en abusais, mais même les gens avec qui j'avais l'habitude de fricoter -J'avais même une duchesse dans mes petits papiers- se laissaient toujours autant abuser. Le pouvoir par l'alcool. Si étant gamine, on m'avais dit que j'obtiendrais un peu d'influence avec le pouvoir d'enivrer les gens, j'aurais ri. Très fort. Puis j'aurais certainement balancer un coup de chaise a travers les dents de l'enfoiré qui se permettrait de dévoiler mon avenir. Fort heureusement, je n'avais encore jamais rencontré de Medium. Certes, certaines personnes possédaient le don de connaitre une partie du passé d'un objet ou d'une personne, mais personne pour lire l'avenir. Mon existence est une aventure que je tien a vivre pleinement.

Repoussant les pensées quelconques qui traversais mon esprit clair et limpide -Que le dieu des loup bénisse mon pouvoir- je procédais a quelques ablutions avec le tonneau d'eau claire a ma disposition. Une jeune femme de mon acabit ne devait, et ne pouvais, pas se permettre le moindre laisser aller. J'avais tendance a abuser des chambres de première classes qui possédaient des baignoire quand j'allais dans les grandes villes, et préférais payer un petit supplément pour avoir le droit d'accéder a la salle d'eau généralement réservé aux propriétaires quand je descendais dans des petites villes et villages. Ma peau, un peu trop blanche a mon goût, nécessitait des soins régulier pour ne pas se transformer en un nid boueux et puant, surtout quand on savait les endroit que je fréquentais. Grottes, nid de monstres, marre de boue, enclos animaliers... Ma forge. J'avais beau adorer sentir la chaleur de la forge sur ma peau, il n'en demeurais pas moins que c'était extrêmement mauvais pour mon épiderme ou mes cheveux blonds. Et puis l'alcool que j'ingurgitais régulièrement n'aidait pas a être jolie a regarder. J'avais beau dire le contraire, j'appréciais le regard des autres.

Mes pensées divaguant encore dans tous les sens, j'essayais de me concentrer un peu plus sur la régénération de mes souvenirs tout en me passant un nécessaire de toilette portable que j'avais toujours dans l'une des sacoches sous ma jupe. Je voyageais généralement sans sac a dos, cela restreignais mes mouvement, mais je possédait tout un tat de sac et sacoches planquée dans des endroit invisible de l'extérieur. C'est dans l'un de ces petits récipients en cuir que je gardait, par exemple, des pierre a aiguiser, des dagues de lancé ou un baume apaisant pour les brûlure. Très pratique. Mes souvenir, donc, essayaient de s'éloigner de mon cerveau, mais j'avais l'habitude. Pendant que mes main s'affairaient, je fermais les yeux et me concentrais juste assez pour que les souvenir affluent, petit a petit. Pas forcément dans le bon ordre, certes, mais je pouvais remettre le puzzle en place plus tard. Habituellement, les souvenir arrivaient au fur et a mesure. Là, tout ce bouscula dans ma tête en une seule vague.

Bagarre de bar, compétition alcoolisée, feu liquide, jeux dangereux a base de couteaux... J'ouvrais les yeux pour jeter un regard a la petite balafre sur mon bras avant de fermer les paupière aussi sec. Je pouvais être fière ne de pas avoir perdu de membre du ce coup là, le dernier couteau utilisé ressemblant plus a une épée courte qu'a une simple lame de cuisine. Puis ce fut le tour d'un souvenir plus anciens. Les histoire d'Oscar, qui me revenaient en décousues mais qui restait néanmoins intelligible et toujours aussi fantastique, pointaient le bout de leurs nez au bout de mon crâne. Je me souvint même lui avoir demandé d'ou venais sa famille exactement, puis l'écouter l'expliquer en détail sur les ogres, les frontière glacées, l'anoblissement. Oscar raconte mieux que moi et je ne pourrais jamais lui rendre hommage, alors je ne ferais pas l'affront d'essayer de retranscrire son histoire. Mon cerveau étant visiblement a cours de souvenir a fournir, j'ouvrit les yeux. Propre et disponible pour marcher un peu -surtout pour remettre ma mémoire dans le bon ordre- je décidais d'accomplir une bonne action. J'avais changé l'eau potable de la ville en alcool, je me devais bien de tout transformer en eau une nouvelle fois, ne serais-ce que pour les prochaines personnes qui se réveilleraient et qui voudrais se plonger la tête au fond d'un tonneau glacé. Je rencontrait plusieurs tonneaux sur ma route jusqu’à ce qu'une voix m'interpelle.

Oscar. Il plongea un doigt dans le tonneau que je m'apprêtais a transformer, le porta a sa bouche et recracha instantanément. Un sourire se dessina sur mon visage pendant que la liqueur se changeait en eau potable sous les effets de mon pouvoir. Mon sourire était aussi destinée au souvenir fugace d'un genoux collé dans la virilité de messire chevalier. Totalement fortuit, le mouvement avait été un réflexe plus qu'une tentative de lui causer du mal. Je m'excuserais plus tard car pour l'heure, il me restait encore quelques tonneaux a visiter.

- "Pour ma part, je reprend la route ce matin. Un cheval m'attend aux écuries, et je viens de récupérer de quoi garder le ventre plein jusque Milkaun. Il fit une courte pause avant de reprendre. D'ailleurs, si vous allez en direction d'Enthopi, que diriez vous de-"

Il ne termina pas sa phrase. Coupée par un cri que j'estimais venir d'outre monde, j'ouvrais des yeux comme des soucoupes. Ce cri ressemblait a s'y méprendre a une créature que je n'avais aperçu qu'une seule fois dans toute ma vie et que bon nombre de chasseurs, de voleurs, de contrebandiers, de rois ou de généraux ne pouvais même pas imaginer. J'eu peur un instant pour mes loups. Et s'ils ne l'avaient pas sentit arrivé, et s'ils étaient restés sur place ? Pendant que l’écho de ce terrible et terrifiant hurlement s'estompais, je me rassurais. Je n'entendais pas un seul animal dans les environs, pas la moindre petite pensée ou le moindre mouvement. Je captait un lièvre, loin sous mes pied, loin du froid de la surface, et un vieux chien un peu fou qui était resté là a regarder la mort arriver, mais c'était tout. Rassurée pour mes protégés, je frissonnais quand l'ombre passa au dessus de nous. Ni le chevalier ni moi même ne pouvions parler, sûrement trop ébahis par ce qui passait au dessus de nos tête. J'allais briser le silence en proposant de chercher ou pouvais aller cette chose capable de beugler de la sorte quand un cris, un peu plus lointain et humain, cette fois-ci, se fit entendre. Oscar fit tomber son sac, laissant ses charcuteries a la merci du vieux toutou. Sans attendre de mouvement de sa part, je m'élançait en direction de la très grosse menace, abaissant ma capuche pour libérer mes cheveux et dégainant, non pas mon fouet qui était réservée a la peau humaine et n'avais aucun effet autre que l'entrave sur les gens en armure ou les carapaces, mais un paire jolie dague ouvragée de 38 centimètres que j'avais forgé durant ma formation. Elle ne m'avaient jamais laisser tomber, mais je doutais de leurs utilité sur le combat qui suivrait forcément a la trouvaille de la créature hurlante. Je m'arrêtais et regardais Oscar avec des étoiles plein les yeux. Dague en main, l'air d'une gamine sur le point de recevoir un cadeau, je m'exclamais.

- "Chevalier, suivez moi ou non, mais quoi que vous fassiez, je forgerais et taillerais la plus belle des armes dans les os, la carapace et la carcasse de cette créature. Et si vous venez, j'irais volontiers jusqu'à Enthopi. Même au delà."

Puis, sourire au lèvre, je m'élançais.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Mar 11 Juin - 23:00

Pour un néophyte, l'affrontement direct avec une créature aussi large et en plus de ça ailée revenait à envoyer une vache à l’abattoir. Croyez-moi. Ma première fois contre ce type de créature, c'était contre un dragon. D'accord, j'avais peut être placé la barre un peu haut. Je venais tout juste de fuir de la maison, et, encore inexpérimenté et ne connaissant rien du monde, je me disais qu'avec le sang qui coulait naturellement dans mes veines et une épée, je pouvais soumettre n'importe quelle créature à ma domination ... J'avais bien tort. Fort heureusement, j'était partit provoquer un dragon pantouflard - le genre qui reste à dormir dans un château en ruine pour garder d'immenses trésors - et ne risquait donc aucune vie à par la mienne en livrant cette bataille. Au bas mot, je pense que l'affrontement dura bien sept ou huit mois, et pour ce qui est du score final, quarante-six à un. Je suis mort plus de quarante fois pour crever cette saleté. Et j'eu bien besoin d'autant d'armures au cour des affrontements - prélevées sur les cadavres des preux chevaliers ayant tenté l'aventure avant moi - et d'une variété d'arme aussi exotique qu'extravagante. Arcs, arbalètes - un gars avait même eu le courage de traîner une baliste avec lui - épées longues, courtes, larges, bâtardes, à deux mains, c'est au final à l'aide d'une flèche bien placée et d'un coup de lance à travers les omoplates - et d'un peu moins d'un an de luttes quasi-quotidiennes - que je vint à bout de la bête.
Depuis, j'ai souvent eu l'occasion d'affronter ce genre d'adversaires. Que ce soit des rocs, des chimères, des gargouilles ensorcelées, des aigles géants, des démons volants ou même d'autres dragons, l'expérience venant, je suis arrivé à rester suffisamment longtemps en vie pour les abattre du premier coup - sans avoir à m'y reprendre à plusieurs reprises je veux dire - même si la lutte fut extrême et éreintante à chaque fois. Là, déjà, chose assez positive pour être mentionnée, il y avait peu de chance pour que ce soit un dragon. Élément le prouvant : lorsqu'un dragon survole une ville, il l'incendie depuis les airs, en si reprenant plusieurs fois si il le faut. Et là, visiblement, rien n'avait brûlé. La bête s'était contentée de pousser un cri strident et d'arracher un toit.

Je répondais par la positive à Melinda, m'élançant dans le sens opposé au sien. Arrivé aux écuries, je balançais à terre tout ce qui allait m'être inutile, vêtements, provisions comme équipement, et je déballais de mes affaires déjà empaquetés tout l'équipement qui allait être nécessaire lors de cet affrontement. A prévoir : crocs, griffes, et peut être même des épines. Peut-être un bec. A ne pas prendre à la légère. M'équipant de mon armure, je récupérais un grappin, un arc, des flèches et de l'huile. Si la bestiole était couverte d'écailles, de simples traits ne suffiraient pas à la blesser. Dans tout les cas, des flèches enflammées avaient toujours une petite chance de foutre le feu au bazar. Du reste, je n'emportais que mon bouclier et une épée bâtarde. Mon type d'arme préférée en somme, d'un fait simple : son ambivalence. Assez légère pour être utilisée d'une main, mais suffisamment longue pour pouvoir rivaliser avec un espadon, c'est de cette capacité à être utilisé à une ou deux mains que ce type de lame tire son nom de bâtarde. Mais passons le cours d'armement. J'était paré, et courrait à présent pour rejoindre le combat.

Melinda était partie. Elle était partie devant, sans attendre, fonçant à l'assaut avec une paire de dagues contre une grosse bestioles probablement relativement costaude. Je ne dis pas que c'est fou, dans le sud, certains guerriers sont invaincus depuis des années, ne se battent qu'à l'aide de bouts de bois et ne portent en guise d'amure qu'un simple pagne et une paire de sandales. Si c'était moi, les dagues auraient de fortes chances de finir comme cure-dents. Mais peut être suis-je un peu trop bourrin pour comprendre les rudiments d'un art plus raffiné et subtil que le miens, après tout.

J'arrivais à toutes hâtes sur le champs de bataille. La bête s'était posée en haut d'une petite colline, et avait déjà broyé sous ses pattes -poilues ?- deux humains et un bœuf, qu'elle dévorait à petit feu. Un peu partout autour de moi, des villageois se massaient avec des piques, des fourches et des haches, quelques uns attaquaient même la bête à coup de frondes, mais ces dernières ne semblaient même pas inquiéter le monstre. Faisant bien quatre mètres de haut, il n'avait rien d'un dragon, comme je l'avais espéré. Ses petits yeux injectés de sangs étaient inexpressifs, ronds et globuleux, clignant si rapidement qu'ils ne semblaient pas être pourvus de paupières. Armé d'un bec acéré, il avait mis en pièce un homme s'étant un peu trop approché et arracha la tête d'un seul coup, becquetant sa carcasse sans la moindre pitié. Son épais plumage d'un blanc aussi pur que la neige était taché de sang, et grâce à ses deux puissantes ailes, il repoussait ses assaillants en leur lâchant de forts coup de vents. J'avais déjà entendu parler de ce genre de créature. Ce monstre ressemblait à une coquatrice, espèce née d'une union contre nature entre un serpent et un coq - me demandez pas comment - un monstre légendaire doté d’écailles et d'ailes, de crocs empoisonnés et d'un bec, crachant le feu comme un dragon, comme si ça ne suffisait pas.

Mais là, pour le coup, j'avais beau chercher, mais ... Je ne voyais absolument pas quelles parties de son corps cette bestiole avait pu emprunter à un serpent. Au final, il ne s'agissait rien de moins qu'une vulgaire poule géante, comme le genre de celle qui ont des grandes plumes sur leurs pattes et qui leur font comme des sortes de pantalons. Une vulgaire poule. Une saloperie de piaf sanguinaire ayant bouffé une demi-douzaine de villageois et une vache, mais une poule quand même. Je dois avouer que même aujourd'hui, je ne sais pas trop quoi en penser. Enflammant une série de flèches, je dégainais mon arc et mis en joug l'énorme et néanmoins ridicule cible. Trois flèches volèrent juste après que le monstre ait lancé une de ses bourrasques. Une loupa la cible, mais les deux autres se plantèrent dans son ventre. Vu la taille du machin, il ne sembla même pas avoir senti ce qui devait être des piqûres de moustiques pour lui. Tout du moins, il ne sembla rien sentir jusqu'à ce qu'une partie de son plumage prenne feu. Je profitais de la panique pour dégainer mon épée, et tenant cette dernière à deux mains, sans m’embarrasser d'un bouclier, je lançais la charge.

Contre une vraie poule, cette stratégie aurait peut être fonctionné. Quelques flèches enflammées, une charge visant ses jambes, quelques passades, et le tour aurait été joué. Là, j'eu du mal au moment d'entailler les jambes de la bête. Les éviter alors que cette dernière dansait la gigue dans sa panique pour éteindre les flammes n'avait pas été chose aisée, mais je m'était retrouvé assez facilement devant de bonnes ouvertures, et en profitant, j'avais tenté ma chance, mais ... L'acier de ma lame ne pénétra pas d'un pouce dans la patte du monstre. J'eu à peine le temps d'utiliser mon grappin, qui s'accrocha à la griffe d'une de ses pattes, car sa réaction ne se fit pas attendre : il reprit son piétinage intensif, m'écrasant à l'occasion. Sonné, écrasé et pour finir traîné derrière une poule géante qui se mit à courir dans tout les sens, je perdit connaissance ...
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Mer 12 Juin - 10:50

J'arrivais , dérapant dans la neige, sur le lieu du carnage. Une coquatrice, Créature aussi légendaire que rare, prisée par les occultiste pour tout un tas de partie de son corps. Ses yeux sensés changer les gens en pierre -ce qui était infondé, du moins je l'espérais fortement- ses écailles, aussi solide que du métal, mais pouvant être raffinée -Mon maitre avais forgé une armure en écaille de cette créature, et d'autant que je me souvienne, on n'avais jamais réussis a la briser- mais surtout, ce qui intéressait le plus souvent dans le corps de cette immondice, c'était ses glandes. Plus petites que celles du dragon, elle étaient, disais-t-on, nourries d'un puissant feu qui ne s'éteignais jamais.  Ce qui m'intéressais personnellement, C'était son bec, ses os et ses écailles. Quel forgeron n'a jamais rêver de créer une arme a partir de matériau issus d'une créature légendaire. Un joie enfantine s'empara de moi, qui retomba aussi vite quand je vis le monstre mâchouiller un cadavre de vache.
 
Les villageois se tenaient a une distance respectable de la chose, armés d'outils et de fourches, mais n'osant trop s'avancer par peur de finir comme les deux cadavres qui se répandaient sur le sol. Je regardais mes dagues, des armes pas tout a fait destinées a la chasse au monstre, mais je n'avais que ça ou mon fouet. J'avais laisser ma meilleure lame a la forge pour ne pas m'encombrer, des dagues étant largement suffisante pour les danger que l'on rencontrais sur les grand chemins. Ba. J'avais vu pire situation. Devoir combattre un ogre avec un couteau de cuisine ne m'avais pas fait grand mal, et a l'époque, je n'étais qu'une gamine. Sourire au lèvre, je m'apprêtait a m'élancer quand trois projectiles enflammés filèrent sur l'horrible chose. L'une des flèche passa a côté tandis que les deux autres se plantèrent, avec un bruit de succion immonde, dans le ventre de la bête. Elle paniqua un peu quand le feu s'étendit vers son plumage et commença a gesticuler dans tout les sens.
 
Je vis passer un Oscar, chargeant gaiement avec une épée battarde, et il m'eut l'air tout a fait chevaleresque, même après s'est fait piétiner par une poule géante en feu. N'ayant aucun moyen vraiment certain de pouvoir le tirer de là et connaissant les propriété de son pouvoir, je ne m'en fis pas trop pour lui quand je décidais de la suite.
 
Oscar m'avais fourni l'arme idéale. Au départ, je comptais simplement essayer d'embraser cette créature, mais le feu était une corde que je n'avais pas a mon arc. Mon briquet à Amadou était beaucoup trop risqué a utiliser. Je remerciais intérieurement Oscar, me promettant de lui payer un coup plus tard, pour m'avoir fourni quelque chose d'exploitable. Je me cachais derrière un arbre et hurlais aux villageois de s'écarter le plus rapidement possible. Dans le même temps, j'actionnais mon pouvoir. Je m'efforçais de transmuter de la neige. De la neige. Difficile d'imaginer a quel point ce genre de chose est épuisant a réaliser. L'eau, dans sa forme la plus simple, n'est pas exempte d'impuretés, mais la neige est un ni a saloperie qui n'ont rien a voir avec de l'eau.
 
Je ne réussis pas du premier coup. La créature me repéra, cachée derrière mon arbre, et l'arracha d'un coup de patte bien placé. Je roulais hors d'atteinte, et malgré les morceau d'écorces que je venais de recevoir dans le bras, j'étais prête a en découdre. Puis je me rendis compte du ridicule de la situation. Je m'efforçais de combattre une poule sanguinaire géante, armée de deux dagues, faites pour entailler les chairs. Je doutais fortement de l'utilité de celle-ci, mais j'avais une idée fixe. Je lançais mes dague dans un mouvement fluide et partit en courant, vers Oscar, pendant que, derrière moi, le bruit spongieux du métal qui s'enfonce dans la graisse d'un monstre se fis entendre. Une vague de chaleur m'atteignis de plein fouet, dans le dos, sans pour autant me brûler. La chose avais du cracher un jet de flamme qui m'avais, fort heureusement, manqué. Je plongeais par dessus Oscar, non sans lui crier de se réveiller, et fit un roulé boulé derrière un second arbre, un peu plus épais. La créature arrivais et j'avais le choix dans mes actions. Réveiller le chevalier, foutre le feu a toute la montagne ou partir en courant. La quatrième option, le combat en face a face, nécessitait une armure et une volonté de fer. Et très certainement une envie suicidaire. Je fis mon choix.
 

De ma cachette, je balançais une série de boule de neige sur la face d'Oscar pour qu'il se réveille, puis sans attendre, attirais l'attention du monstre d'une dague de jet bien placée, qui s'enfonçais dans cet éternel bruit de succion a faire vomir un prête nécromant.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Ven 21 Juin - 23:10

J'émergeais. Mon corps tout entier était endoloris, groggy et à la fois brûlant de douleurs. Pas de blessure notable, aussi bien externe qu'interne, aucun os ne semblait cassé ou même déboîté. J'avais eu de la chance. Mon armure semblait avoir un peu plus souffert en revanche. Plusieurs morceaux s'en étaient détachés, mon heaume notamment. Par endroits, l'acier avait subit des chocs si rudes que j'avais l'impression qu'il pressait directement contre ma peau. C'est en me relevant que je pris pleinement conscience d'un fait : la cavalcade s'était arrêtée  Le monstre ne bougeait plus. Et je me retrouvais juste en dessous de lui, dans son dos. De derrière, je ne pouvais voir que son imposante stature s'opposant au jour, les flammes qui suintaient de son horrible bec et la fumée qui se dégageait du brasier ravageant le plumage de son torse. Il tressaillait de douleur, ça se voyait à sa façon de piétiner et à ses cris irréguliers, mais sa course n'avait pas l'air de s'être stoppée pour si peu. Redressé de tout son haut sur ses deux pattes, il regardait dans la direction d'un arbre, un peu plus loin, à la manière d'un animal aux aguets. Levant ses ailes massives, la bête fit souffler quelques bourrasques, mais l’opiniâtreté de l'arbre à rester debout attisa sa fureur plus qu'autre chose. Elle se cabra et leva alors bien haut le bout de ses deux ailes. Plus qu'un signe indiquant une prochaine bourrasque relativement plus costaude que les précédentes, sa posture m'évoquait un chat faisant le gros dos. Les plumes hérissées sur le dos, la légère flexion des pattes, le soudain silence qui l'avait envahi ... Elle s’apprêtait à donner la charge.

Ma chance. Ôtant les restes de mon armure et tout ce qui aurait pu m'alourdir plus que de raison, j’agrippais la plus basse des plumes descendant le long de ses pattes et je commençais à grimper. Elle se mit à charger lorsque j'atteint le niveau de sa queue - de son croupion ? - et failli bien m'envoyer bien valdinguer en l'air, si ma prise dans ses plumes n'avait pas été stable. Le choc contre l'arbre fut tout aussi limite. Ce dernier, coupé net un peu avant la cime, fut aussitôt dévoré par les flammes nimbant déjà son assaillant. Et voilà que le brasier me menaçait à mon tour.

Le feu s'était répandu à une vitesse folle sur le plumage de cette saleté. Ses deux ailes semblaient plus atteintes que son dos pour le moment, et malgré ses grands mouvements pour les éteindre, le brassement d'air ne faisait qu'attiser les flamme. Et elle n'avait pas l'air d'apprécier ça. Pourtant, je doutais tout de même des effets du feu sur ce genre de créatures. Un monstre pouvant cracher du feu pouvait il réellement être affecté par les flammes ? La chaleur ne semblait pas la laisser indifférente, certes, mais l'épaisse couche d'écaille que je sentais sous mes pieds me laisser présager de la réponse. Foutre le feu à cette chose et attendre qu'elle brûle n'allait pas être suffisant. Au mieux, tout ce qu'on avait réussi jusque là, c'était d'énerver la bête davantage. Autant couper le problème dans le vif, dans ces cas-là.

Petit à petit, poignées de plumes par poignées de plumes, je me frayais un passage sur son dos. Je ne dirais pas que ce fut chose aisée, vue la gigue que la poule géante se mit à danser - elle semblait essayer de piétiner quelque chose - mais finalement, je parvint jusqu'au sommet de son dos, à la jointure du cou. Un véritable enfer. Là, je plantais mon épée courte au sol - enfin, dans sa chair - afin de m'assurer un bon pied. Je dégainais ensuite ma seconde lame. Une arme bien banale, en somme, achetée au clou comme toutes celles qui l'avaient précédées. Mais elle serait suffisante pour ce qui allait suivre. 

L'estoc fila à travers son crâne comme un couteau dans du beurre. Ne ressentant qu'un vif tressaillement sous mes pieds, je changeais la position de mes mains sur la crosse de l'arme et poussait un grand coup sur la droite. La lame trancha un peu plus l'intérieur du crâne de la poule pendant une bonne dizaine de centimètres au moins avant que la crosse ne me reste dans les mains. Le monde trembla alors sous mes pieds : dans un rauque de d'agonie, la bête remua dans tout les sens, ce qui eu pour effet de me bloquer sous l'une de ses imposante ailes enflammées. Puis, vaincu, elle s'affala sur le sol, désireuse de m'emmener dans la tombe, bien que quelques brûlures ne seraient guère suffisante pour y arriver ...

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Dim 23 Juin - 14:02

Ok. Visiblement, détourner l'attention d'un poulet géant qui crache du feu n'était pas la meilleure idée que j'ai eu dans ma vie. L'idée en elle même partait d'un bon sentiment et paraissait bonne sur le coup. Disons presque aussi bonne que la foi ou j'avais décidé de forger une lame dans un acier impossible a tremper et que ma forge avait explosée. Deux fois. Il y a des choses que l'ont fait dans la vie qui vous forge le caractère et la personnalité. Et bien la leçon d'aujourd'hui, c'était qu'une monstruosité de quatre mètre de haut sur presque le double d'envergure constituait un adversaire autrement plus coriace qu'un gros plein de soupe de Duc qui tente de vous violer.
 
J'étais de retour derrière un arbre, un gros sapin des cimes froides qui me cachais largement de son épais tronc surement centenaire. La bête s'éreintait passablement a essayer de le déraciner a coup de rafale provoquée par ses ailles. Puis elle s'arrêta. Tout simplement. Je sortais la tête de mon couvert, pour voir ce qu'il se passais, et ce que je vis me fait encore frissonner aujourd'hui. Oscar, chevalier immortel, juché sur le dos d'une poule géante en train de me charger pour me donner la mort. Mon esprit étant trop apeuré, mon corps et les réflexes que j'avais forgés aux fils de combats dont les issues avaient été incertaines jusqu'aux derniers souffles de mes ennemis, pris le relais. Je me jetais en avant. Directement sous les serres crochues et immondes de la créature, et réussis a passer derrière elle. Douleur vive au niveau de ma cuisse. L'une de ses griffe était passée sous mes protection, déchirant mon collant et désossant ma jambière métallique, rependant mon sang dans mes bottes et sur la neige.
 
Ignorer la douleur, faire fasse, tuer et ne mourir qu'en dernier recours. Se laisser envahir par la fureur, la rage, laisser son esprit s'embrouiller juste assez pour que, de toutes les options qui s'offre a moi pendant un combat, seule la meilleure reste. Analyser, percevoir, étudier. Bondir. Récupérer les dague, trancher dans les pates. Ce que je fis avec un certain brios. D'un bon de ma jambe valide, je parvins a m'accrocher aux dagues encore plantée dans l'abdomen de la bête. Pour les déloger de là, je fis pesé mon maigre poids sur les deux manches, déchirant le ventre sur quelques dizaine de centimètre. Je savais qu'Oscar était en train de brûler là haut pour achever la saloperie infernale qui voulais petit déjeuné avec nos entrailles, il fallait que je lui donne du sursis, même une secondes. Je tombais au sol, tranchant un doigt d'un coup de lame, puis entamant sévèrement la cuisse qui se trouvais un peu plus haut de mon visage. Puis je pris la poudre d'escampette en espérant qu'Oscar s'en sortirait mieux avec les armes dont-il disposais.
 
Accroupie derrière ce rocher, j'attendis la fin du combat en épiant de ce qui me semble aujourd'hui être beaucoup trop prêt. Oscar planta sa lame directement dans la tête de la chose et d'un coup sec fis tourner l'arme vers la droite. La créature s'affola et se débâtit le temps que sa cervelle préhistorique se rende compte qu'il était touché, puis elle tomba lourdement au sol dans un silence que seul le crépitement du feu troublais. Morte et bien morte. Je sortit de mon trou et boitillait vers le cadavre, a la recherche du cadavre d'un chevalier, d'un corps sans vie qui se remettrait a bouger et d'un silhouette calcinée encore en vie. Je le trouvais sous une aile dont le feu dévorais déjà le plumage et réussis a la soulever d'un coup de levier -une énorme branche qui trainait sur sol, épargnée par les flammes sans que je sache pourquoi- et offrais une main secourable a mon camarade de beuverie et de combat contre les créatures cauchemardesque.
 
Une fois qu'il fus debout, ou au moins dégagé du cadavre brûlant, je m'effondrais dans la neige, en récupérais une pleine poignée et dans un effort de volonté impensable, je réussis a la transformer en alcool. Un alcool glacé, qui fondit presque instantanément en désinfectant largement la belle enfilade que j'avais a la cuisse. Non sans hurler de douleur, évidement. On a pas idées que quelque chose d'aussi bon que l'alcool puisse faire aussi mal dans son état le plus pur.
 
- "Bordel, fis-je entre les dents quand mes hurlement cessèrent. J'ai besoin de vacances. Au soleil. Milkaun, j'arrive."
 

Mais avant les vacances, il me fallait récupérer bec et ongles de la créature. De parfait matériaux pour coupler, en poudre, en lamelle ou en n'importe quoi d'autre, avec l'acier trempé utilisé dans une forge. Joie.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Lun 1 Juil - 12:17

J'avais survécu cette fois. La chose était rare quand mon adversaire était d'un calibre aussi imposant que celui que l'on venait d'abattre, mais j'avais survécu. Les jambes et le buste écrasé par la bête dans sa chute, je faisais face à une petite petite fenêtre ronde de ciel bleu dessiné par les flammes. Je ne savais pas combien de temps cela durerait dans un tel environnement, mais je respirais toujours. Était-ce la première fois, d'ailleurs ? De mémoire, chacun de mes combats "épique" face à ce genre de créatures se soldait toujours de la même manière. Une série de morts, une série de résurrections, et une série de combats épuisant à chaque épisode un peu plus mon adversaire, quel qu'il soit. Tuer l'ennemi à petit feu, l'avoir petit à petit. Voilà une stratégie digne au mieux d'un chasseur, au pire, d'un lâche. Pas celle d'un chevalier. On était loin de l'image emblématique du héro en armure rutilante pourfendant les ténèbres d'un seul coup et d'un seul, sans la moindre égratignure, pas vrai ? Mon épée était brisée, mon bouclier, en miette, mon armure fondait peu à peu et coulait le long de ma chair et mon honneur ... Bah, je devais lui courir après depuis si longtemps que j'avais fini par perdre sa trace. Il était peut être temps que j'arrête de me prendre pour plus fort que je n'était. Renoncer à un nom et à un titre dont j'était depuis longtemps privé, tout effacer et repartir libre. J'irais peut être sur les côtes, au sud, j’achèterais un petit bateau et je me mettrais à la pêche aux crabes géants ... Ou je pouvais bien aussi me laisser brûler ici. Il devait me rester quelques couteaux de lancer, un bien placé, et je bloquerais ma capacité à revenir à la vie.

Nan, la vie me sied bien plus que la mort. Fallait que je sorte de ce bourbier. Fallait que je me débatte. Fallait que je sorte de cette carcasse et que je me relève. Fallait que je vive, merde. Une main tendue, un coup de pied dans le morceau de viande qui me bloquait, et la providence me tirait hors de là. Bizarrement, la providence avait une tête bien différente de ce que j'avais pu imaginer. Elle était familière, même. Une blondinette un peu pâle, vêtue d'une capuche rouge. Melinda. J'était bien content qu'elle ait survécu au combat. Et même bien plus qu'elle m'ait tiré de là. Devoir affronter la Grande Faucheuse alors qu'on pleurs justement quelqu'un enlevée trop tôt par sa main cruelle n'est pas chose facile. Ses loups auraient eu une personne de plus à pleurer. Et puis, il aurait été dommage qu'une telle beauté disparaisse dans les flammes.

Une fois debout, j'inspectais brièvement la carcasse, puis ressentant subitement les blessures qui me brûlaient un peu partout, j'inspectais la mienne. Rien de cassé, rien de perforé. En revanche, les flammes ne m'avaient pas épargnées. Cependant, mon équipement était le plus touché. Mes pièces d'armures avaient toutes fondues, tout comme les mailles. Bizarrement, tout ce qui n'était pas de cuir avait souffert. De mon coté, j'avais littéralement cuit à l'intérieur de mon armure. Chose que je constatais en retirant l'un de mes gants. La chair était à vif, rouge écarlate, avec quelques endroits où les os étaient visibles. Le processus de régénération avait déjà commencé, et par endroits, un peu de peau repoussait par dessus la chair calcinée, une peau claire, fraîche et neuve. Il devait en être de même pour tout le reste de mon corps, aussi, pour éviter à l'assistance le pénible spectacle d'un cadavre ambulant, j'attendais un peu pour retirer mon heaume, bien qu'un grand trou dans ce dernier laissait malgré moi une bonne partie de mon visage brûlé visible. Une fois bien sur d'être présentable, j'enlevais mon casque et le balançais a mes pieds.

"Vous devez être faites du même métal que vos lames. Je ne connais pas beaucoup de personne qui auraient eu le courage de rester face à un machin pareil. Encore moins à avoir la folie de s'y frotter. Et je vous suis redevable.". En ce qui me concerne, dissocier le courage de la folie pure et dure au travers de mes propres actes était une tache difficile. Savoir que malgré les coups, vous vous relèverez quoi qu'il arrive inhibe peu à peu ces deux notions, au point qu'au final elle vous semble tout à fait similaire. Mais cela ne veut pas dire que je n'était pas capable de reconnaître la bravoure chez quelqu'un d'autre. Et cette jeune femme en rutilait. Au diable le vieil alchimiste de Milkaun, au diable sa quête et qu'il en soit de même pour son argent. Si je devait choisir ce qui allait être mon dernier acte en temps que chevalier, autant choisir d'honorer une dette d'honneur. Je ployait un genoux à terre, plantant dans le sol les restes brisés de mon épée. "En me tirant hors des flammes, vous avez gagné la dette d'honneur d'un chevalier de Domnhall. D’après mes serments, je vous doit plus que la vie. Commandez, madame, et je vous suivrais jusqu'à ce que vous me libériez de ma tache, ou que la mort ne me prenne."

Plus que des flammes, cette main tendue m'avait sauvé de moi même. Le désespoir, la folie, tout cela n'était pas étranger à ma famille, même si cette dernière fait tout pour effacer ce triste tare génétique. Nombre furent des miens qui devinrent fou lorsqu'ils perdirent l'espoir. Mais mon tour n'avait pas encore sonné. Plus fort que la folie, l'honneur est une chose qui est héréditaire dans ma famille, son principal moteur, même. Au delà de ça, la simple idée de prendre la fuite et vivre en temps que pêcheur en devant quelque chose à quelqu'un me rendait malade. Et à la fois pour conclure le contrat et l'aider à se relever, je lui tendais à mon tour la main.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Lun 1 Juil - 18:24

Oscar avait l'air d'avoir souffert bien plus que moi. Une grosse armure métallique avec beaucoup de mailles ne protège pas vraiment contre les flammes, bien au contraire. Un chevalier a tendance à cuire et suffoquer beaucoup plus vite qu'une personne en habit de cuir. Les flammes n'avaient d'ailleurs pas épargné mes gantelets, qui avaient légèrement fondu sur le dessus, sans occasionner de dégâts a ma peau -Dieu merci, je n'aurais pas a gérer de brûlures- mais rendant inutilisable le gant gauche. Il me faudrait une forge au plus vite, histoire de réparer tout ça, de passer un moment devant un feu qui n'essaierait pas de me tuer. Et après, partir en vacance. Une bonne idée, ça. Très bonne idée.

En attendant, pendant que je réfléchissais, Oscar se remettait doucement. J'entendais de là sa peau grésiller doucement à travers le restant de son casque de métal, reformant petit à petit son épiderme, soignant les brûlures et refermant les plaies. J'en voyais même l'effet par la large déchirure dans son casque. Je ne saurais trop comment décrire le processus, mais la chose me paraissait encore plus surréaliste que le coup de couteau dans sa main, à l'auberge. La peau semblait glisser le long de la brûlure, se déformant et se reformant, comme une vague. Une ondulation salvatrice. Fantastique. Un pouvoir pareil me donnerait la possibilité de travailler jour et nuit sans protection dans une forge. Mais mon pouvoir était tout autre, et je ne m'en plaignais pas, parce que l'alcool fait partit des petits plaisirs que la vie m'octroie de temps en temps. La vie est une vieille amie.

"Vous devez être faites du même métal que vos lames. Je ne connais pas beaucoup de personnes qui auraient eu le courage de rester face à un machin pareil. Encore moins à avoir la folie de s'y frotter. Et je vous suis redevable."

Il posa un genou à terre et planta d'un coup sec la moitié de morceau de métal qui lui servait d'épée. Je savais pertinemment ce qu'il s'apprêtait à faire et je ne l'en empêchais pas. Un chevalier décidé a donner son honneur a une personne n'appartenant pas a sa maison est quelque chose que l'on de vois jamais. Encore moins quand on est pas noble. Encore moins quand on est une femme.

"En me tirant hors des flammes, vous avez gagné la dette d'honneur d'un chevalier de Domnhall. D’après mes serments, je vous dois plus que la vie. Commandez, madame, et je vous suivrais jusqu'à ce que vous me libériez de ma tâche, ou que la mort ne me prenne."

Je le regardais, mon sourire carnassier sur le visage, l'œil luisant de malice. J'avais envoyé balader beaucoup de nobles dans ma courte vie. Réparer une armure ou une épée de telle ou telle personne m'avait parfois octroyé certaines faveurs, certes, que j'avais le plus souvent refusé. Mais en cet instant, je sentais irrémédiablement qu'Oscar pouvait m'apporter beaucoup de choses. Une main secourable, un compagnon d'infortune, simplement un ami. Un ami humain. Non pas que les loups ne sont pas à la hauteur, mais ils ne peuvent pas m'accompagner dans des aventures rocambolesque, al à recherche d'un morceau de minerais d'une rareté sans nom, d'une épée dotée de soi-disant pouvoir magique ou d'une simple mission de protection. Un loup agit à l'instinct sans se soucier du reste. Un homme, qui plus est honorable, se soucie avant tout des autres. Et j'avais réellement besoin d'une conscience.

"Chevalier, fis-je avec un petit rire dans la voix. Levez-vous. Votre genou patauge dans la neige fondue et ce serait idiot que vous attrapiez un rhume. Je me déplaçais vers la carcasse et entrepris de découper doucement le bec de la créature. Je vous remercie grandement de me confier votre honneur, Oscar. J'ai souvent eu droit à des services divers de la part de noble, mais je dois dire que votre intervention me fait un certain effet. Je serais d'humeur d'accepter. Mais je vais devoir refuser, fis-je après un moment de silence, le bec enfin entre mes mains. Je me détournais vers les griffes, qui ne résistèrent pas autant que le bec. Je vais devoir refuser parce que je n'ai pas besoin d'un chevalier servant. Votre honneur ne serait pas sauf avec moi, loin s'en faut. Non. Plus que de votre dette d'honneur, j'ai besoin d'un guide, d'une conscience, de quelqu'un capables de me fixer des limites. Je me retournais vers lui pour accentuer mon effet dramatique. J'ai besoin d'un ami."

Je m'installais confortablement sur une aile grillée de poulet géant -qui ferait un succulent repas-  et me mis à regarder ce preux chevalier. Bien qu'en piteux état, ses cheveux bruns avaient déjà repoussés et son visage avait recouvré sa beauté. Je souris doucement, rangeais mes trouvailles dans les sacoches sous ma jupe et sortit ma petite trousse de soins personnelle. Pendant que j'entourais d'une bande de lin ma cuisse meurtrie et encore saignante, je repris ma tirade.

"Avant que vous refusiez, j'ai à vous dire que je cumule un travail de mercenaire avec celui de forgeron. Sachez donc que je ne fais pas forcément que des choses honorables pour gagner ma vie et que c'est tout à fait incompatible avec votre état de chevalier. Ensuite, vous parlez de courage et de folie. Je n'agis pas par courage, j'agis par instinct. Et je ne suis pas folle, je suis juste heureuse de vivre après chaque combat durement mené. Heureuse de pouvoir soigner mes blessures et de compter mes cicatrices. Heureuse de pouvoir réparer mon équipement, de dépenser mon or, et surtout, de forger des armes avec des matériaux nouveaux.  Pour finir, fis-je en tirant d'un coup sec sur la bande pour arrêter le saignement, il faut savoir que je tutoie mes amis, et que mes amis ne paient rien quand il s'agit de, disons, venir se faire reforger une armure complète, avec rehaut en or, pavois aux armoiries d'une famille noble, cotte de maille, épée et autres choses qui permettent de mener a bien une vie d'aventure sanguinolente."

De toutes façon, il avait tout fait durant le combat et je n'avais servit qu'a énerver un peu la bestiole et a récupérer son attention pour qu'Oscar l’achève d'un coup de lame bien placé. Rien de franchement épique venant de ma part...
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Jeu 4 Juil - 22:02

Alors que Melinda terminait son discours en démembrant gaiement le monstre de certains de ses attributs, je m'asseyais à terre, pris d'un soudain vertige. Ses propos étaient loin d'être soporifique, bien au contraire. Rares sont les personnes qui vous propose de vous faire un set complet d'armure gratis. Ce genre de chose est suffisamment précieux pour ne pas tomber dans l'oreille d'un sourd. Mais je ne sais pas vous, mais personnellement, l'odeur fétide d'une carcasse, mélangée à celle de la fumée et de la viande grillée, moi ça me donne des hauts le cœur. D'un autre coté, toute cette agitation, le combat, et puis surtout ma régénération m'avait ouverte une cinglante fringale. C'était un peu comme si tout ce que j'avais avalé et emmagasiné dans mon estomac la veille s'était miraculeusement évaporé. La faute à la régénération. C'est fou ce que ça peut consommer comme énergie, ce truc là. Enfin, remarquez, je connais certains chevaliers qui baffrent comme des porcs, et dans des quantités bien supérieurs aux miennes, mais qui n'ont pas un pouvoir comme le mien, du moins pas à ma connaissance. Mouais. Ça doit être plus une caractéristique inhérente à la fonction qu'autre chose, en fait.

N’empêche que mine de rien, elle soulevait un point important sur l'éthique des chevaliers et sur l'un de leur cas de conscience les plus épineux. Enfin, un des plus épineux dans l'opinion publique, si l'on s'en réfère à la fréquence à laquelle on peut me questionner à propos de ce sujet. L'allégeance. L'honneur. Un chevalier servant un monstre préserve t-il son honneur ? Le même chevalier le préserverait-il, si il rompait le serment qu'il prêta jadis au monstre en question ? Ce sujet avait l'air de passionner les foules, et je suis sur, que si moi j'y avais droit, d'autres collègues un peu partout dans le pays devait avoir eux aussi leur lot de curieux sur cette particularité du rôle du chevalier.
Je vous dirais bien que la réponse se trouve à travers plusieurs extraits du code de chevalerie. Mais c'est un peu plus compliqué que ça. Pour ma part, j'avais choisi ma propre réponse.

"Ne vous inquiétez pas à propos de mon honneur. Si vous me preniez à votre service, peu importe ce que vous pourriez faire ou ce que vous pourriez être amené à me faire faire. L'utilité d'un chevalier, sa raison d'être première, c'est de servir. Un seigneur, un village, un temple, le bon comme le mauvais, le riche et le pauvre, que ce soit au service d'un roi ou d'un roturier, tout est une question d'allégeance. Être juste et servir sans contrepartie, tel sont les deux plus grandes lignes du code de la chevalerie. Mais une chose telle que la "Chevalerie" n'est qu'un beau conte pour aider les enfants à trouver le sommeil. La réalité est bien plus ... Crue. Défendez le roi, obéissez au roi, obéissez à votre père, défendez votre honneur, suivez votre propre route, préservez l'honneur de votre famille, protégez les innocents, défendez les faibles. Qu'en est il si votre père méprise le roi ? Si il vous demande d'agir contre votre volonté ? Si le roi massacre les innocents et les faibles ? Si la stabilité du royaume est mise en danger par le peuple ? Que doit faire un homme d'honneur tiraillé au milieu de toutes ces promesses ?", annonçais-je d'un ton austère, récitant presque une leçon. Ce couplet, je le chantait à qui voulait bien l'entendre, au moins trois ou quatre fois par mois, et toujours de la même manière : d'abord les questions qui embrouillent l'esprit, plein de contradictions, et qui sont pourtant au cœur des questionnements, et ensuite, la réponse. MA réponse. Aussi anodine soit elle. Que j’annonçais tout sourire :
"Non, la clé, ce n'est pas de trahir tel ou tel serment pour conserver tel ou tel autre. La clé, c'est de ne pas se trahir soi-même. Vous devez trouver quelqu'un à servir gratuitement, et qui partage les mêmes idéaux que vous, sans plus."

"Au risque de vous retrouver avec un poignard planté dans la gorge."
Je coinçais cette dernière phrase entre mes dents, me retenant de montrer du même coup ma cicatrice à la gorge. Ma seule, jusqu'à ce jour. La seule à avoir laissé une marque là où tant d'autres s'étaient effacées. J'ignore encore pourquoi elle était restée, mais elle avait l'effet d'un garde-fou sur moi. Une manière de se rappeler ce qu'il faut faire lors d'un coup de sang, si vous voyez ce que je veux dire. Même si ça ne marchait pas à chaque fois. Combien de serment "sacrés" avaient-je brisé pour arriver jusqu'ici, déjà ?
Mais cette fois-là, même si je ne pu m’empêcher de passer machinalement ma main le long de mon coup pour la sentir entre mes doigts, je m'abstenait de l'exhiber. D'une part parce que nous venions de triompher et que parler de mort et de trahison risquerait de faire un peu retomber un peu l'ambiance, et d'autre part parce que ... Eh bien, parce que le couplet sur la trahison et la mort, je le réservais aux curieux qui me posaient la question. Là, c'était de bon cœur que j'avais donné mon point de vue.

"Mais je dois dire que le rôle d'ami m'ira tout aussi bien. Même si c'est vous ... *Heurm* Enfin, toi qui t'expose à quelques contraintes en choisissant un chevalier pour ami et conscience." Je stoppais nette ma phrase, la laissant libre d'interprétation quelque secondes avant de reprendre avec un sourire carnassier : "Par exemple, après la mise à mort d'une bestiole ayant provoqué des dégâts dans un village, il est de bon ton d'offrir aux villageois la totalité de ce qui est trouvé sur la carcasse, en guise de dédommagement."

Je me relevais en riant. Finalement, ce qui différenciais les mercenaires des chevaliers, c'était bien une chose : la où la noblesse résidait, on voyait rarement la couleur de l'argent, et vice-versa. D'où le grand nombre de mercenaires pleins aux as et de chevaliers traîne la grolle. Pour le coup, m'avoir en tant que conscience pourrait bien s'avérer être une affaire désastreuse pour la jeune dame aux loups.
Pour ma part, j'était heureux de ce dénouement. Un monstre vaincu, tout mon matos avait fondu, certes, mais au moins, j'avais gagné un compagnon de route. Habile au couteau, dotée d'un pouvoir plus précieux et armée d'un minois aussi dangereux que le fouet dissimulé sous ses capes. Je risquais d'avoir du mal avec le tutoiements, au début par contre. Mais ma foi, la suite des événements ne pouvaient être qu’intéressants.

"BON ! Je vais aller louer un cheval de plus et faire un rab' de provision. Restes à faire vos ... TES bagages pour lever le camp. M'est avis que les gens du village vont vouloir faire un banquet pour célébrer notre victoire avant d'enterrer leurs morts ... On se rejoint vers les écuries lorsque tu es prête ? "

Loin de moi l'idée de dénigrer le caractère fêtard des gens du nord, mais la dernière fête s'étant soldée par l'attaque d'un poulet géant, mon for intérieur me disait de prendre la route au plus tôt. Laissant ainsi Melinda avec d'éventuels autres morceaux de carcasses qu'elle aurait souhaité dépiauté avant de partir, je prenais la direction du village et des quelques dispositions finales qu'il me fallait prendre avant de partir.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Ven 5 Juil - 17:53

Oscar termina sa tirade avec une pointe de sarcasme -du moins je le pensais- et partit en direction du village pour recommencer les préparatifs déjà entrepris quelque temps plus tôt, avant qu'une monstruosité n'essais de faire de nous son petit déjeuné. Je ne relevais pas la petite pique sur le fait de laisser le monstre entier pour que les villageois puissent admirer la bête. Mon esprit pragmatique m'interdisait de laisser des morceaux de grande valeur aux mains d'amateur, qui de toute façon n'en feraient rien. Le simple fait de leur laisser les meilleurs morceaux de viande me rendait malade, mais je ne pouvais pas tout emporter. La coquatrice est tout à fait comestible, si elle ne vous étripe pas avant.  Enfin bon. J'avais de jolies serres et un magnifique bec dans mes sacoches et je décidais que c’en était assez. Pas besoin de récupérer les yeux -je n'avais de toute façon rien pour les stocker- ni la glande incendiaire au fond de sa gorge qui ne valait rien comparé a la pierre de dragon que je possédais a ma forge. Pour l'heure, je prenais la direction du village.

L'idée de subir une fête encore pire que la veille me traversa l'esprit, mais je rejetais très vite l'idée. Un monstre mort et deux héro s'enfuyant au loin après le combat alimenteraient pendant un long moment les histoires et les légendes de la région. Ça ne serait pas la première fois, ni la dernière,  que les montagnes blanches entendraient parler de la fille aux oreilles de loups, et je savais qu'Oscar possédait déjà sa petite réputation. Il allait y avoir une grande fête, puis la veillée aux morts -qui dans la région se résume a une grande fête pour honorer la mémoire des disparus- puis, enfin, l'hiver reviendrait, avec lui un temps moins clément, et pour oublier le blizzard de l'extérieur, il fallait faire de grandes fêtes. Passer par ici avec mon pouvoir était toujours un bonheur sans nom. Je repensais à mon cher disparu, puis au reste de la meute. L'envie de retourner les voir un peu me tiraillait, mais je savais qu'ils devaient faire leur deuil de leurs côtés. Marche ou crève.

Mes bagages étant constitués de mes sacoches et d'un sac à dos de voyage, il me fallait un cheval. Avant de sortir acheter un bourrin, je me changeais, enlevant mon gant et ma jambière éventrée, puis leurs sœurs, et changeant mes affaires déchirées. Je doutais fortement qu'une couturière réussisse a ravoir tout ça, mais je les gardais quand même, au cas ou. Afin d'éviter d'être déséquilibré, je supprimais aussi toutes les pièces en métal de ma jupe. Il fallait que je trouve une forge, histoire de retaper tout ça. J'enfilais ma cape à oreilles et m'armais d'une paire de dagues et de ma dernière épée de rechange, que je destinais à Oscar. Un simple morceau de métal, tranchant comme un couteau de boucher, avec gaine et fourreau de cuir. Elle serait certainement un peu petite pour lui, mais c'était mieux que rien. Le pauvre avait tout perdu, il fallait bien que je le dédommage en attendant de pouvoir lui forger quelque chose qui résisterait à ses morts sanguines et multiples. Bon. Maintenant, le canasson.

Je possédais une petite fortune en piécette d'or, qui une fois passées dans les mains de l'un des gérants de l'une des nombreuses écuries du village, me permit d'avoir une magnifique jument alezane, à crinière blanche comme la neige. Répondant au doux nom de Rowena, elle m'avait l'air d'une solide bête, pas idiote, mais sacrément téméraire. J'allais devoir m'en séparer plus tard, bien sûr, mais l'homme m'avait promis qu'elle retrouverait son chemin jusqu'ici. Il m'avait fait une réduction, de sorte que mon achat passe pour une location. Gentleman jusqu'au bout, il me permit de la monter quelques minutes pour arrêter mon choix. Nerveuse, mais docile, la jument répondait à toutes mes requêtes, parfois même avant que je ne donne un ordre ou que je ne fasse une pression sur les rennes.  Parfaite. Je louais une scelle un peu plus confortable que la moyenne -je suis certes dérangée, mais pas au point de monter a cru sur plusieurs jours- et l'installait.

Avant de partir, je récupérais le reste de ce qu'il me manquait, a savoir viande séchée, charcuterie, nécessaire a briquet, des carottes pour le cheval, deux gourdes d'eau et le plus important... du savon. Ma peau ne supporterait jamais un voyage sans être lavée au moins tous les deux jours. Je récupérais aussi une petite carte de la région et calculait un itinéraire. Oscar voulait aller vers Milkaun, d'après ce que j'avais compris, et cela m'arrangeait fortement. J'avais besoin de soleil, de plage, de cocktail et d'un moyen d'évasion. Ce dernier serait garanti par des centaines de corps en maillots de bain, tous plus agréables à regarder les uns que les autres. Je songeais à Oscar. Il serait, lui aussi, tout à fait agréable à regarder. Un sourire put tard, je me rendis vers la sortie du village,  Rowena piaffant d'impatience. J'aimais déjà ce cheval et je savais au fond de moi que m'en séparer me briserait le cœur. Je lui flattais l'encolure en entendant un second cheval arriver. Devinant un Oscar juché sur sa monture, je fis un grand sourire.

- "Et bien, tu te pomponnais ? Je ne savais pas que les chevaliers étaient aussi coquets. Je luis tendis l'épée, mon sourire toujours accroché a mon visage. Je sais que tu ne risques rien, mais j'y tiens."
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Sam 6 Juil - 20:03

Tout me semblait en ordre. Mis à part la disparition de quelques victuailles ici et là, rien d'autre ne semblait manquer dans mon sac. Le temps de l'accrocher aux autres bagages et de vérifier que tout le reste de mes affaires se trouvaient bien dans les autres bagages accrochés, un petit groupe de gamins vint me trouver pour que je leur raconte l'histoire qu'ils avaient tous vu quelques minutes plus tôt. Je m’exécutais, sans trop m'attarder sur les moments durant lesquelles je prenait plus de baffes que j'en donnait. L'affaire fut réglée en quelques minutes seulement, au termes desquelles ils repartirent jouer, galvanisés par le morceau de l'épée qui avait pourfendue la bête, que je leur confiais en leur faisant promettre d'en prendre soin. Pour moi, ce n'était plus qu'un bête morceau de métal inutile. Mais pour un gamin, recevoir l'épée brisée d'un guerrier pourfendeur de monstres, même brisée en mille morceaux, c'était comparable à devenir un héro soit même. Je les regardais repartir dans leurs aventures, une pointe de nostalgie au cœur. Et si c'était comme ça que naissaient les légendes, après tout ?

Du reste, je profitais d'être seul dans l'écurie pour changer rapidement de vêtements. Ceux que je revêtais ressemblaient sensiblement aux anciens, mais en neuf. Cela ne ferait aucune différence pour voyager, mais au moins, l'odeur du graillon ne me collerait pas à la peau. J'en profitais pour me passer un coup d'eau sur le visage, réarranger mes cheveux et me tailler un peu la barbichette. Loin d'être soucieux de moi-même, un chevalier rend tout de même mieux une fois propre et élégant plutôt que crade et sentant la sueur. De toute façon, je pouvais bien me permettre de perdre un peu de temps à soigner mon image. Toute couillue qu'elle soit, Melinda restait une femme, perdre du temps à s’apprêter devant un miroir ne devait pas lui être étranger. Au delà des stéréotypes, une vision m'apparue, qui représentait la jeune demoiselle en petite tenue, hésitant entre deux jupes pour remplacer celle qui avait souffert dans les flammes. La douceur de cette image effaçait à elle seule les peines et la fatigue accumulée jusque là.
Et je me laissait aller aux rêvasseries le temps de quelques doux moments.

_ _ _ _ _

"Et bien, tu te pomponnais ? Je ne savais pas que les chevaliers étaient aussi coquets. Je sais que tu ne risques rien, mais j'y tiens."

Je n'attendais que depuis quelques minutes lorsqu'elle arriva à l'entrée du village, montant un cheval bien plus élégant que celui que je montais. Où l'avait elle dégotée ? Il n'y avait que des bourrins à l'endroit où j'avais loué le mien. Bah, aucun intérêt.

J'attrapais la lame qu'elle me tendait. C'était un cadeau bien généreux de sa part, mais je n'y prêtait pas attention tout de suite. Elle aussi semblait s'être changée, à en voir les vêtements neufs exempt de traces de brûlures. Soudainement hanté par les images apparues plus tôt, je me lançais bercer par le sourire de la fille aux loups, occupé d'une telle manière à extrapoler la fiction à la réalité que j'eu un petit moment d'absence.

"C'est un business assez salissant, tu sais. Plus on nous imagine rutilant dans nos armures, plus on a les pieds enterrés dans la boue. M'enfin. Je te revaudrais ça à Milkauln, un verre autour d'un dîner devrait faire l'affaire, je pense ?"

D'un coup vif, je tirais la lame hors de son fourreau et battit l'air de quelques passades. Une épée courte. Légère, fine et tranchante. Le pommeau et son manche n'étant pas trop massif, elle semblait tout aussi bien équilibrée. La lame parfaite pour le bretteur exerçant une escrime raffinée et gracieuse. Pas vraiment le genre que je pratiquais moi même, ni qui me tenterait comme cela au premier coup d’œil. La maîtrise des armes fines est presque un art, et nécessite agilité, dextérité et finesse afin d'être vif comme le faucon, tout en étant silencieux comme une ombre. Quand on parle de chevalier, on imagine plus facilement un grand costaud caché sous une armure lourde, maniant une arme plus lourde que lui. Mais avec le temps, l'art du maniement de l'épée s'était aristocratisé, les lames avaient quitté le champ de bataille pour les salons bourgeois, et plutôt que de les équarrir membres à membres, les bretteur se mirent à préférer percer de petits trous dans leurs adversaires. Pour ma part, n'étant pas gracieux pour deux sous, ni agile et encore moins vif, je comblait mes lacunes par l'utilisation d'un bouclier.

A vrai dire, je ne suis qu'un piètre guerrier. Savoir que malgré tout ce qui pourrait se passer, vous vous relèverez sans la moindre égratignure ne suffiit pas. En fait, toutes mes connaissances à propos du maniement de l'épée remonte à assez loin dans ma mémoire. Je devais encore être un gamin, à l'époque. Laissé aux soins de l'un de ses meilleurs maître d'armes, mon père avait tenu à ce que je reçoive une éducation militaire. Lecture d'ouvrages rédigés par de grands généraux, formations au commandement, parties de chasse, tout cela me frustrait et m'ennuyait. Étant petit, je rêvais de devenir un chevalier émérite, maniant l'épée comme personne, sans aucune peur ni reproche. Mais quand j'eu ma première arme dans les mains, c'était pour l'heure pour moi de détester ça. De longues heures à rester immobile, en position d'attaque, le tout agrémenté d'une épée bien trop lourde pour mes jeunes mains. Et attention au moindre petit mouvement parasite. Au moindre petit écart dans la position réglementaire, j'était gratifié d'un coup de main derrière la tête et d'un sermon. Le meilleur exercice qui soit pour un débutant, d’après mon instructeur. "D'abord connaitre les bases, le reste viendra ensuite", qu'il disait. Mon œil. Au final, j'apprenais plus en regardant les soldats s’entraîner dans la cours du château qu'entre les mains de ce grand type tout sec. Hmmm ... C'est peut être ça qui me manquait aujourd'hui. De l'entrainement. Pas d'aussi rigoureux, mais quand même, de quoi tenir face à un vrai adversaire. Hmmm ... J'y penserais plus tard.

"C'est une bonne lame. J'te remercie. Un peu différente de ce que j'utilise d'habitude, mais ça devrait le faire jusque Milkauln. Les routes sont sur dans l'ouest, d'autant que mon père ... Grincements de dents. Dans tout ce foutoir, j'avais zappé que notre itinéraire nous ferais passer tout prés des remparts de Fort-les-Confins, et pars ses postes de contrôles. Avant l'attaque du poulet, j'avais prévu de faire un détour par les bois, quitte à m'engager dans une course-poursuite avec les patrouilleurs, les loups ou les bandits - tout dépend de ce qui vous tombe dessus en premier - tout pourvu d'éviter une confrontation avec des hommes servant sous le blason familial. "... Un puissant seigneur local. Il met un point d'honneur à traquer les bandits de grands chemins. Ou tout les autres parasites trouvables un peu partout et qui rendent les voyages incertains."

Visualisant la carte du royaume de mémoire, je tachait de trouver un itinéraire de rechange à la fois rapide, sûr et suffisamment écarté de la forteresse familiale pour pouvoir voyager tranquille. Mais rien ne semblait bien potable. Le moindre changement d'itinéraire rallongerais le voyage d'au moins trois jours. D'ordinaire, il m'en fallait quatre jours pour rallier le nord à Milkauln avec un cheval frais, une cargaison légère et tout ce qui s'en suit. Là, j'avais un bourri certes robuste, mais plus taillé pour le rôle de tireur de charrue que pour celui de fin destrier, et ne connaissant pas les talents de Melinda sur une selle, il fallait bien compter une bonne semaine. Nous pouvions toujours prendre la direction du nord pour monter jusque Junchy prendre le train pour aller à Milkauln. Une solution rapide, sûre et moins fatiguante que le cheval. Le problème, c'était justement d'aller à Junchy. La météo avait beau être clémente sur Orkustk, nous nous trouvons actuellement dans le Nord, et il est bien connu que le climat nordique est plus capricieux qu'une femme. Pour tout vous dire, l'idée d'essuyer un blizzard me refroidissait assez - si je puis dire - pour rayer cette idée de ma tête. Restait bien la solution de ne pas suivre la route et de couper directement à travers les bois. Malheureusement, mes connaissances des landes et l'orientation dans un milieu sauvage étaient des choses qui demeuraient ma foi bien relative.

Bordel. Il n'y avait rien à faire. Tout mes plans pour m'éviter une éventuelle réunion de famille surprise tombaient à l'eau les uns après les autres. D'autant que la chose serait assez compliquée à présenter lorsque le moment viendrait où il allait falloir quitter la route pour contourner le Fort, et que Melinda demanderait pourquoi. Enfin, par compliqué, entendez pénible. Je n'aimais d'ordinaire pas en parler, même saoul, alors imaginer devoir fournir une explication rationnelle sur mon refus de rester sur la route aux abords du Fort, sans y mentionner la prise de bec qui m'oppose moi et mon paternel ... Bah, je préférais autant retourner cramer sous la carcasse de l'autre bestiaux, tiens. D'autant que sur la route, les auberges du village construites autour de la forteresse constitueraient une halte bien plus confortable qu'un simple feu de camp dans les bois. Et une nouvelle fois, il faudrait m'expliquer à propos du pourquoi et du comment de "Pourquoi je ne veux pas m’arrêter dans cette ville alors qu'on serais bien mieux au chaud accoudé au comptoir d'une taverne". Il y avait bien quelque chose à faire qui pourrait changer tout ça, mais moi vivant, pas question de me montrer moins tête de mule que Lui.

La douceur qui m'animait plus tôt s'était évanouie. Adieu, douces images grivoises, bonjour, humeur de cochon. Bougon, j'accrochais l'épée à ma ceinture et montais en selle, bien décidé à ne pas prendre de décision mature, en tout cas pas aujourd'hui, et à tout remettre quand le moment sera venu d'y penser.

"Ca sent l'agneau à la broche. Si nous ne nous depchons pas, ils vont venir nous inviter, et je doutes que nos deux volontés combinés puissent parvenir à résister à leur convivialité. Passe devant, je te suis."

Direction Milkauln donc, il n'y avait plus qu'à faire le premier pas et à suivre les panneaux ...
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Dim 7 Juil - 19:20

"Un dîner, fis-je avec, je doit l'avouer, un peu de surprise dans la voix."

Les vêtement qu'il avait revêtut étaient les même qu'avant, en propre. Un homme propre. Le dieu des loup répondait-il a mon appel vieux de 20 ans ? Il s'était même taillé la barbichette . Bon sang. Je n'en revenais pas. Oscar, chevalier increvable a la technique de combat d'un minotaure enragé, avait pris quelques secondes pour se changer et se tailler la barbe. Que le panthéon de tous les dieux me vienne en aide.

"J'accepterais volontiers, répondis-je d'une voix troublée. Il y a bien longtemps que personne ne m'a offert quelque chose."

Avec un sourire et dans un sifflement de vitesse parfait, il dégaina l'épée courte de son écrin de cuir.. je l'imaginais mal savoir se servir correctement d'une lame courte. L'art des bretteurs est quelque chose de raffiné, qui s'utilise en souplesse et en rapidité plutôt qu'en puissance.  Les quelques passes  qu'il fit avec l'arme confirmèrent mes soupçons. Ce n'était certes pas une arme dédiée a un chevalier, mais, pour l'amour des boules de poils du monde entier, faire des armures légère qui ne limitent pas les mouvement mais qui protège aussi bien qu'une cage de fer chevaleresque n'était pas une chose compliquée. Bon. Je me voyais mal comment enseigner les base de l'escrime a un homme de sa masse et de sa force. La force ne sert a rien pour ce type d'armes bien spécifique. Je pourrais quand même lui forger quelque chose d'adaptée, qui ne limiterais pas les mouvement ample et ravageur qu'il utilisait pour combattre. Et un bouclier ne serait pas de trop. Sourire au lèvre, je le regardais jouer un peu avec l'arme.

"C'est une bonne lame. J'te remercie. Un peu différente de ce que j'utilise d'habitude, mais ça devrait le faire jusque Milkauln. Les routes sont sur dans l'ouest, d'autant que mon père ... "

Je ne remarquais pas tout de suite le changement sur son visage. Puis, quand il reprit d'une voix un peu plus cassante, je remarquais que ses trait semblaient mêler colère et tristesse. Peut-être du regret.

"... Un puissant seigneur local. Il met un point d'honneur à traquer les bandits de grands chemins. Ou tout les autres parasites trouvables un peu partout et qui rendent les voyages incertains."

Soit. Je prévoyais de passer par Fort-les-Confins. Le seul seigneur local y habitant, je devais tirer un trait sur mon magnifique plan. Rejoindre Milkaun par la terre mettait visiblement Oscar de très, tèrs mauvaise humeur. Je sortit ma carte, pour regarder et vérifier d'autre itinéraires. L'un d'eux me semblait bien, mais passer par les crevasses de glaces ne m'enchantais pas. Les quelques trolls qui vivaient la bas n'étaient pas commode du tout. Un autre itinéraire nous faisait longer une partie de la frontière pour éviter largement les terre du Fort, mais il ajoutait quelques trois jours de routes, et mes provisions ne tiendrais jamais jusque là. Je suis une très mauvaise tireuse a l'arc et je refuse obstinément de tuer un animal non agressif envers moi. Un jet de dague suffirait largement a tuer un cerf, mais, bon. Chacun ses croyances. Bon. Il fallait que je trouve un solution pour éviter a Oscar de subir une visite indésirable qui le mettrait en rogne. Les amis sont fait pour ça. D'autant qu'il était de plus en plus nerveux.

"Ca sent l'agneau à la broche. Si nous ne nous dépêchons pas, ils vont venir nous inviter, et je doutes que nos deux volontés combinés puissent parvenir à résister à leur convivialité. Passe devant, je te suis."

"Effectivement. Je reniflais. L'agneau et la cocatrice, si tu veux mon avis. Avec une sauce au vin. Partons."

Je fis avancer Rowena d'un petit claquement de langue. La jolie jument répondit par un hennissement puis avança doucement de ce pas tranquille qui caractérise les chevaux d'une puissance insoupçonnée. La carte toujours sous les yeux, je faisais pleinement confiance a cet être, sous mon fessier, pour ne pas me mettre de branche basse en travers du visage. Je calculais plusieurs itinéraires, tous plus improbables les uns que les autres, puis par un miracle insensé d'ingéniosité, illuminant tout a coup mon cerveaux aussi lent que, disons, celui d'un troll des glace sous le soleil de Milkaun. Il existe un truc vraiment très rapide qu'on appelle entre gens civilisés LE BATEAU. Bordel.

"Oscar, nous sommes idiots. Je fis faire une halte a Rowena et fit volte face pour regarder le chevalier dans les yeux. Tu n'y a pas pensé non plus, mais la voix des mer me semble être une bonne idée. On peu largement dépasser Fort-les-Confins par le nord, en longeant les frontières et arriver au petit port de pèche situé ici."

Je montrait un point sur la carte, tellement petit qu'il passerait inaperçu pour n'importe qui ne connaissait pas son emplacement exact. J'y avais fait séjour, une fois, en me disant qu'il falais que je me souvienne où était situé cette charmante bourgade constituée de quatre maison de pécheur et d'un tripot.

"Le machin répond au doux nom de Maledune. Tout a fait charmant. En cette période de l'année, les bateaux marchant viennent récupérer des cargaisons entières de thon nordique pour les acheminer jusqu'aux grandes villes côtière. Si ça ne te dérange pas de voyager avec l'odeur du poisson, je pourrais aussi t'apprendre les base de l'utilisation de ce que tu prend pour un cure dent, mon cher, terminais-je dans un sourire."
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Dim 7 Juil - 22:40

En effet, j'étais une véritable nouille de ne pas avoir songé à prendre le bateau plus tôt. Surement parce que je n'avais jamais emprunté le moindre bateau de toute ma vie. En tout cas jamais pour naviguer sur de l'eau salé. Je ne m'étais qu'assez rarement aventuré au nord-ouest du pays non plus. A vu d’œil, le port semblait être à deux journées maximum de notre position actuelle. Pour ce qui allait être du temps passé à naviguer, en revanche, je ne savais rien.

"Le machin répond au doux nom de Maledune. Tout a fait charmant. En cette période de l'année, les bateaux marchant viennent récupérer des cargaisons entières de thon nordique pour les acheminer jusqu'aux grandes villes côtière. Si ça ne te dérange pas de voyager avec l'odeur du poisson, je pourrais aussi t'apprendre les base de l'utilisation de ce que tu prend pour un cure dent, mon cher."

"Ça me va. Quand on a connu l'odeur des tripes d'une coquatrice d'aussi prés, le poisson passe pour de la rose. Du reste, je demande à voir. Je finirais peut être par t'égaler au maniement du cure-dent, voir par te battre !" Et ceci dit, j'engageais la marche, sans attendre de réponse.

Ça, ça ne restait que de la groooooosse spéculation. De l’esbroufe, ce qu'un de mieux vieux maître appellerait de la provocation amicale gratuite, mais tout ce qu'il y a de plus prétentieux. J'était bien trop lent et balourd pour arriver un jour à me battre avec un machin si petit. Au mieux, je parviendrais à maîtriser une parodie de ce genre d'escrime. Mais l'occasion de jouer les gros bras était trop belle pour ne pas la saisir.

____

En y réfléchissant bien, Melinda n'aurait pas tant de choses que ça à me forger. Des armes, essentiellement. Un bouclier. Je n'étais pas encore fixé sur le modèle. Peut-être un différent de mon vieil écu ? Les targes offraient une meilleure protection, bien que plus lourdes. Ou alors une rondache. Ces grands boucliers circulaires, c'était le top contre les flèches, et la moitié des coups portés dessus ricochant, ils permettaient d'ouvrir de bonnes percées dans le jeu de lame d'un adversaire un peu trop coriace et de permettre de placer un coup décisif. Mon arc avait cramé, lui aussi. Il allait aussi me falloir deux nouvelles épées, ça, ça me paraissais clair. Une longue saisissable à deux mains, une bâtarde de préférence. Un truc un peu plus résistant que la précédente, faites des meilleurs matériaux, quitte à ce que j'aille les récupérer moi même dans les plus sinistres grottes. Après tous les meilleurs chevaliers possèdent une épée de légende. Andros, le fondateur du royaume avait Faucheuse, le Roi lui-même portait Souveraine à sa ceinture, et de mémoire, mon ancêtre Gallant l'Ancien décapita le roi des Troll il y a deux millénaires de cela grâce à ... Bah, ça me reviendrait bien un jour. La mienne, je la baptiserais Balmung. Grandgriffe. Non, Mangecoeur ... Ou plutôt un truc un peu plus exotique ? Yggdrasil, Narsil, ... Hmm. Je ne suis pas encore sûr. Forgée dans des os de dragons, elle pourrait s’enflammer à volonté et résistera aux flammes, découpant l'acier comme du beurre. Et portant l'inscription : "Ne me tirez pas sans raison, ne me rangez pas sans honneur" inscrit sur le plat de la lame. Je ne sais plus d'où je tenais ça, mais pour le coup, ça rendait pas mal, sur une épée de chevalier.

Bah, on pouvait toujours rêver. Un truc simple, de toute façon. Une lame pas trop lourde à porter et maniable, c'est tout ce que je lui demanderais. Ça, un bouclier et une deuxième, un peu plus courte. Celle-là, bah au final, je l'avais déjà. Pour le reste, ça restait secondaire. Même si je risquais d'avoir besoin de protections vite, je pourrais toujours récupérer de quoi faire sur un marché à la puce, voir sur un cadavre. Pour ça, je connaissais quelques bons endroits. Ça faisait un peu charognard, de faire le tour des donjons pour récupérer l'équipement des aventuriers morts en essayant d'en venir à bout, mais pour récupérer un matériel fiable, pas trop utilisé et n'allant servir que le temps d'avoir mieux, c'était le top. Non, pour ce qui était de l'armure, il allait falloir que je me mette en quête du corps d'un chevalier apparenté à ma famille. Hmm. Je vous arrête tout de suite. Ce n'est pas du fétichisme. Lorsque vous appartenez à une famille de noble, il faut en porter bien haut les couleurs. Même si vous avez été excommunié. Et puis de toute façon, j'étais habitué à ce modèle d'armure. Là aussi, je connaissais un bon endroit où en trouver. Un peu plus au sud, à l'ombre d'un grand arbre au feuillage d'automne éternel, il y a un ravin. Et dans ce ravin, il y a des ruines. Elles sont infestées de trolls, certes, mais bizarrement, c'est là-bas que gisent des dizaines d'armures de ma maison. Vieilles et rouillées pour la plupart, mais à ma dernière visites, certaines semblaient récentes, presque neuves. En revanche, anciennes comme récentes : pas la moindre trace de carcasse à l'intérieur. Les trolls raffolent de chair humaine, vous me direz. D'accord. Mais en général, ils recrachent les os après avoir festoyé ! Et là, pas d'os, rien. J'ai passé des jours à enquêter ce qui s'était passé là-bas. Mais sans succès. Peut-être qu'un jour ...

Le moment venu, il faudrait que je m'y rende pour en récupérer une. Pas maintenant, même si cela représentait un gain de temps considérable d'y passer tant que j'étais dans la région. Mais pour ne rien vous cacher, partir à l'assaut d'une tribu de trolls comme ça, sans autre équipement qu'une épée courte et rien de bien plus efficace niveau protection qu'une paire de jambières cloutées, même pour moi, c'était du suicide.

Ouais, si en fait. Finalement, il y allait avoir un sacré tas de pain sur la planche. Une boulangerie entière, même. Ce rapide inventaire de mes futurs besoins s'était transformé en une véritable liste de course, dans ma tête. Si elle me faisait ça à titre gracieux, ça allait lui coûter à elle. Et pas qu'un peu. Achat des matériaux, location de forge, temps ... Bien plus qu'un simple dîner ne pourrait jamais rembourser. C'était décidé, je paierais de ma poche les frais. Quitte à le faire dans son dos et/ou à m'attirer ses foudres, il ne sera pas dit qu'Oscar Domnhall s'est laissé payer un set complet d'armes et d'armures sans rembourser sa dette. J'irais chercher moi-même les matériaux, que ce soit en les achetant ou en les arrachant à même la carcasse d'une bestiole quelconque. Du mieux que je puisse, je participerais à la conception de tout ce bordel, que ce soit en servant d'assistant, de testeur ou tout simplement de bourse sur patte, pour payer un coup à la forgeronne le soir, après le boulot. Non seulement ça allait me permettre de me sentir moins redevable envers la demoiselle au loup, même si je lui devais déjà beaucoup et que ce n'était pas près de s'arranger, mais ça me ferait un bon entrainement. Sans matos autre qu'un truc piqué sur un cadavre et une épée dont l'art du maniement m'échappait en partie, je n'allais faire que des progrès. Je ne pouvais qu'en faire, de toute façon. Ça allait être du marche ou crève. Un défi, quoi !
Et tant qu'à faire, autant que cette histoire de dîner devienne une habitude. Dans un monde incertain comme le nôtre, autant s'attacher à des petites choses comme un casse-dalle entre amis et se marrer un bon coup, avant de finir dans le ventre d'un dragon, d'une bande de gobelins ou de toute autre genre de saloperie.

____

Le temps de penser à tout ça, le soleil avait atteint son crépuscule. Évidemment, je n'avais pas passé toute une journée de cheval perdu dans mes pensées, à tergiverser sans ne m'être soucié de rien d'autre. Non, tout ce que vous avez là, c'est le fruit de tout ce qui m'était venu au fil de la journée. Il faut dire que le voyage ne s'était pas révélé bien palpitant jusque-là. Nous avions passé le temps a parlé pour une majeure partie de la journée. Un peu de tout et de rien, en fait. Nos aventures respectives, des anecdotes, des blagues, blablabla. L'idée de ne pas avoir à passer du côté du Fort m'avait apaisé l'esprit, et je m’étais laissé aller à parler un peu de ce qui m'opposait à mon paternel. Une histoire de gamin, comme beaucoup en conviendrait, mais qui s'était transformé en bras de fer avec l'âge, un duel qui serait gagné par le plus tête de mule des deux.

" ... de tout façon, avais-je même plaisanté à un moment, je suis plus jeune que lui. Il cédera surement une fois sur son lit de mort. Le plus triste, c'est que je ne pourrais pas me réjouir de cette victoire bien longtemps."

Du reste, rien de bien passionnant qui mériterait d'être mentionné ici. Le froid et la neige disparaissant au fur et à mesure de notre descente de la montagne, un pont engloutit par un torrent, qui nous obligea à chercher un passage à gué en aval, et un bivouaque le midi qui se solda par l'évidence qu'étant tous deux de gros mangeurs, les provisions qui étaient prévues n'aurai jamais suffis jusque Milkaun, du moins sans s’arrêter au moins une fois en route pour faire le plein.
Si, j'avais passé une grande partie de l’après-midi à me confectionner un pavois en bois, à partir d'un vieux tronc de chêne ramassé lors de notre pause déjeuner. Au soir, il commençait à prendre forme. Taillé peu à peu à l'aide d'un canif, l'intérieur du bouclier était terminé. Son extérieur, quant à lui, ressemblait toujours à un vulgaire morceau de tronc. Il faudrait juste fixer de quoi le tenir, et il serait fin prêt au service. C'était plus une question d'habitude et d'équilibre que de protection dans le cas où il nous faudrait tirer le fer. Même si j'espérais bien que nous en soyons épargnés, au moins pour une journée et une nuit. Un peu de repos, c'est toujours bon à prendre. D'autant que comme je l'ai dit, le soleil commençait à se coucher. Il allait nous falloir faire une pause pour cette nuit. Nous atteindrions surement Maledune dans la journée de demain, mais pour l'heure, un peu de sommeil n'aurait pas été du luxe.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Lun 8 Juil - 11:28

M'égaler  au maniement des lame courtes ?  Pour sur, Le chevalier ne manquais pas d'audace, mais je n'allais pas en faire un foudre de guerre en quelques jours de navigation sur les eaux calme du nord. Je pourrais tout au plus lui apprendre les base et lui faire comprendre certains points de détail concernant les différentes garde et prises en main des armes courtes. Mais on verrait tout ceci sur le pont du bâtiment qui nous ferrais arriver a Milkaun. Je prendrais quand même un instant le soir même pour lui montrer la posture et la garde de base. Le chevalier était brut de décoffrage et utiliser la force était le meilleur moyen de briser la lame que je venais de lui donner. Bah. Un sourire plus tard, je relançais  Rowena a la suite de mon ami.

"On verra si tu surpassera le manque d'allonge pour commencer, jeune apprenti. Je talonnais doucement les flancs de ma jument et  me portait a sa hauteur. Quand j’aurais accès a ma forge, il me faudra certainement un peu d'aide, ne serais-ce que pour constituer le cahier des charges."

Même si j'avais une certaine idée de ce qu'il voudrais et de ce que j'étais en mesure de lui proposer, il me fallait quand même les références de poids et de tailles. J'avais en stock quelques kilo de minerais extrêmement léger que je réservais aux clients fortunés, mais je préférais largement utiliser mes biens a bon escient que de me faire payer pour ça. J'aime l'argent, mais j'aime encore plus rendre service. De toutes façon, j'avais assez d'or dans les coffres de ma chambre pour ne plus travailler durant les dix prochaines années.  

Nous passâmes le reste de la journée a palabrer de choses et d'autres.J'en appris un peu plus sur les raison pour lesquelles il ne voulais pas passer par le fort nordique. Une querelle avec son père qui datait de quelques année. Les hommes étant bornés, tout ceci ne cesserais qu'a la mort de l'un ou de l'autre, ce qu'il me confirma a la fin de la journée. Les hommes sont des enfants. De grand et beaux enfants, parfois carrément sexy, certes, mais des enfants quand même. L'histoire d'Oscar m'amusais, même si je m’efforçais de ne pas le montrer.. Son histoire me rappelais un peu la mienne. J'étais partit de chez moi très jeune pour vivre une vie dangereuse et aventureuse, peut-être dans l'espoir de quitter ce monde plus vite que prévu. Au final, la vie m'avait botter le train et, avec l'élan que cela m'avais fourni, j'avais pu gravir les échelons et vivre une vie faite d'alcool et de sang. La grande classe. Moi qui n'ai jamais cru au princes charmants, je me trouvais en compagnie d'un héritier déshérité et plutôt beau gosse, et nous venions de trucider un animal légendaire a nous deux. La vie nous offre ce que nous semons, et je crois qu'Oscar et moi avons semés beaucoup, BEAUCOUP de graine d'aventure. Mais jamais assez.

Le jour déclinant, nous optâmes pour manger en route avant de s'arrêter pour la nuit. Ne pas perdre de temps est une qualité que peu de monde conçoit. Il s’avéra que toutes nos provision réunie n'aurais jamais fais deux jours de voyage. Rowena, encore trempée de son passage dans un torrent -Visiblement, elle adorais faire tempête vu qu'elle y était restée un peu plus de cinq minute avec un grand plaisir, d’après ce que je captais de ses pensées- nous dégota une petite clairière pas trop enneigée pour passer la nuit. Brave bête.

Pendant que je tentais d'allumer un feu avec du bois humide, oscar installait  la tente que je lui avais passé quelques instants plus tôt. Au bout d'un moment, j'en eu marre. Je vidais une partie de ma gourde d'eau que je changeais en alcool, puis mis le feu au bousin avec un coup d'amadou. Je faillis me brûler les sourcils, mais au moins, nous avions du feu pour la nuit. Les trolls ne viendraient pas nous ennuyer ce soir. Le feu ne servirais pas a faire cuire quoi que ce soir, le risque d'attirer un prédateur affamé était trop grand et j'avais eu, pour le moment, ma dose de combat contre des monstres. Soupesant doucement l'une de mes sacoche, le poids du bec de la cocatrice me rassura un peu. J'imaginais mal une simple panthère des neige faire le poids contre nous. Mais ne prenons pas de risque. Nous avions de totues façon manger notre repas du soir en route.

M'installant près du feu, je ressortis ma carte pour étudier l’itinéraire restant. Il devais rester un peu moins d'une journée de voyage pour deux cavaliers plutôt bon. J'avais vu monter Oscar toute la journée, et question équitation, il se posais comme mon maître. Je n'avais certes aucun problème avec les chevaux, mais j'étais incapable de faire faire quoi que ce soit d'autre qu'avancer a ma monture. De son côté, faire des pas latéraux et une marche arrière ne lui posais pas de soucis. Et ce n'était pas son propre cheval. Rowena avait quand même plus de classe. Il n'y a pas de petites victoires. Un frisson me parcouru l'échine. Resserrant ma cape et abaissant ma capuche sur ma chevelure, je regardais une fois de plus la carte.

"Maledune est a moins d'un jour de cheval, fis-je d'un ton clair. Les chevaux vont avoir droit a une bonne nuit de sommeil, on pourra certainement les forcer un peu. Je jetais un regard en biais vers Rowena. Je prend le premier tour de garde, si tu veux bien. Je m'endors bien mieux après minuit. En attendant, prend donc ton épée courte que je te montre comment la tenir correctement. Tu verra, tout est dans le poignet.

_________

La nuit se passa sans encombres. Notre départ se fit sans heurts et sans bruit. Les braises du feu encore chaude me permirent de préparer un peu de thé et de faire fondre de la neige pour remplir les gourdes. Les chevaux nourris -et brossé pour Rowena- parurent satisfaits de leurs nuit de sommeil.Quand a nous, nous avions dormis un peu moins, l'apprentissage d'Oscar ayant duré un peu moins d'une heure, mais nous étions reposés tout de même. Je lui avais montré quelques façon de tenir une lame courte. Garde haute, garde cachée, garde parfaite et garde filante.La gade parfaite s'accordant tout a fait a l’utilisation d'un bouclier, il était normal qu'il la préfère aux autres. Cela consistait simplement a  protéger les trois quarts de son corps a l'aide de la protection puis de porter le bras tenant l'arme vers le haut, lame vers le bas. De cette façon, les seuls endroit pouvant être touchés étaient les jambes et une partie du bras tenant l'épée. Cela nécessitait une certaine torsion du poignet, mais Oscar se démerdais très bien.

Sachant qu'il n'aurais pas toujours de bouclier avec lui, les trois autres gardes étaient tout aussi intéressante. La garde cachée, ma préférée, consistant simplement a ne pas laisser paraître l'arme a son adversaire, était inutilisable avec une armure. Ou alors, il fallait porter une armure a cape.  L'idée de poser une draperie sur l'une de mes armures ne m'enchantais guerre, mais bon. La garde filante, quand a elle, permettait surtout de détourner les coups de l'adversaire pour se glisser dans son espace vital afin de lui porter quelques coups bien sentit. Encore une fois, l'utilisation de ces techniques avec une armure requiert qu'elle soit d'une légèreté surnaturelle.

Pour finir, la garde haute se releva être parfaite pour oscar. La lame en avant, le combattant exposait son côté, comme pour un échange de coup en escrime. Les rapières sont plus adaptée pour ce genre de combat, mais les lames courtes se révèlent d'une rare efficacité contre les armes lus longues.  Il suffis simplement d'être plus rapide. Et Oscar se rendait compte que sans son écrin de métal autour de lui, il possédait une certaines vitesse qu'il n'avait pas conscience de posséder.Quand on porte une armure chaque jour de sa vie, forcément, on est quelque peu ralentit dans ses mouvement. Il avait fait preuve, la veille, de quelques mouvement d'une rapidité extrême, bien qu'un peu pataude.

La journée se passa une fois de plus a grand renforts d’anecdote et de rire face aux pire situations que nous avions vécu. Mon histoire sur ma fuite désespérée d'un bordel prenant feu après une soirée trop arrosée le fit bien rire. Je crois que la propriétaire m'en veux toujours. Je n'y suis jamais retourné. Avant la fin de la journée, nous faisions enfin face a Maledune. Le village n'avais pas trop changé. Il y avait une maison de plus que dans mes souvenir et, effectivement, deux bateaux marchant mouillaient bel et bien dans le minuscule port constitué de deux séries de planche de bois flottant sur des rondins. Ils étaient assez longs pour que les navires puissent mouiller assez loin de la banquise. Les pontons devaient faire quelques centaines de mètre. Les marins, quand a eux, chargeaient les marchandise en les faisant rouler grâce a d'étrange chariot. Le monde évolue.

Un sourire et un battement de cœur  plus tard, je me retrouvais face au capitaine d'un des navires et après une âpres séance de négociations, je parvins a obtenir un aller simple vers Milkaun, pour deux personnes, sans chevaux. Je promis a Rowena de venir la chercher dès que je pourrais. Je n'aurais jamais de place pour elle en ville, mais je trouverais un moyen. Nous verrons tout ceci le moment venu. En attendant, je la laissait partir. On m'avais assuré qu'elle retrouverais son chemin toute seule.

"Oscar, lançais-je un peu triste en regardant la jument s'en aller. Ils partent demain a la première heure mais ils nous permettent de dormir dans la cale pour ce soir. On bois un coup, je fais un brin de toilette avant de partir, et on y vas. Tu en pense quoi ?"
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Lun 8 Juil - 20:43

Maledune avait l'air d'être un coin assez sympa. Quelques maisons de pierres plantées au milieu d'une marée de cahutes de pêcheurs, le tout dominé par un petit phare aux allures d'église. Ah, c'est bien une église aussi, en fait. Quelques bateaux mouillaient au bout de frêles embarcadère. On était loin des immenses galions de Milkaun. Et puis il y avait la mer. C'était la première fois que je le voyais d'aussi prés. Elle était calme, sereine et tellement grande. On dit qu'un homme n'a besoin que d'un regard au large pour tomber amoureux de cette immensité bleue. Moi, elle me rebutait plus qu'autre chose. Qu'est ce qui pouvait bien se cacher, sous autant d'eau ?

Rien que je n'avais envie de voir de trop près, sans trop en douter. Jusque où était il bon de pousser la chance pour éviter quelque chose qui arriverait de toute façon un jour où l'autre ? J'aurais plus de chance à affronter mon paternel qu'à me risquer la dessus. Y a pas à dire. La mer ne me rassurait tout simplement pas.

Je détournais mon regard, et faisant volte-face, je retournais prés de Melinda. Je revenais tout juste de charger nos affaires à fond de cale. Si elle tenait à être au sec, alors elle allait devoir se caler au milieu de tout notre fourbi. Presque toute la cale avait les pieds dans l'eau, mis à part un petit réduit à la poupe. Rien de bien glorieux, mais jusque Milkaun, cela ferait l'affaire. Ce qui voulait dire que je n'aurais qu'a dormir sur le pont. Ce qui ne me dérangeait pas plus que ça, et pour trois bonnes raisons. Une dame doit avoir droit à son intimité, ma claustro me travaillait méchamment dans les tréfonds de cette coque de noix, et surtout, je serais bien plus tranquille à dormir à la belle étoile que dans ce cagibis. Je pourrais travailler les passes que Melinda m'avait appris sans gêner personne, et au moins, je serais tranquille pour surveiller la mer. Vous savez, si il se passait quelque chose et que le bateau coulait, ou pire ...
Ça arrive, même à quai. J'en suis certain.

"Oscar, ils partent demain a la première heure mais ils nous permettent de dormir dans la cale pour ce soir. On bois un coup, je fais un brin de toilette avant de partir, et on y vas. Tu en pense quoi ?"

"Qu'on va avoir besoin d'un truc qui tienne suffisamment chaud pour ne pas geler cette nuit. La plupart des ports sont réputés pour faire des liqueurs bien chargées à base des poissons qu'il pêchent dans leurs environs. Tu crois que ça sera suffisant ?"

Hmm. Mieux valait que j'oublie la mer pour ce soir et mes problèmes pour ce soir. Quelqu'un avait besoin qu'on lui remonte le moral, et même si ce n'était pas clairement inscrit dans mes prérogative de chevaliers, il était de mon devoir de l'accompagner dans la boisson. Comment la gente féminine arrive t-elle à s'attacher si rapidement à canasson ? Le mien, je l'avais dégagé à coup de pied dans le cul, une fois tout mon bardas déchargé. Mais bon, pour ce soir, il allait falloir remplacer cet adieu par quelque chose de plus joyeux. Prenant la demoiselle par l'épaule, je la conduisait vers ce qui semblait être le seul troquet de la ville, et en grand gentleman, j'ouvrais la porte et la laissais passer la première.

A notre entrée dans le bar, je sentais la plupart des regards se braquer sur nous. Enfin, sur Melinda, plutôt. Ou certaines parties de Melinda. Toujours est-il que l'athmosphére était chargé d'un truc que je ne pourrais pas trop décrire ... Une sorte de mélange entre de la testostérone, de l'alcool, du poisson et ce que je décrirais comme de la fiente de mouettes polaire, peut-être ? Tout les gars picolant ici semblaient être des gros durs, loin d'un chevalier à la barbe bien taillée et aux visage bien propre. Rien à secouer et qu'à cela ne tienne. Moi aussi je pouvais jouer les durs, quand je voulais.

"Tavernier, ce que vous avez de plus fort ! Et dans un verre sale, je vous prie !"
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Mar 9 Juil - 17:49

Avant d'entrer dans le bar, je me retournais vers l'étendue aquatique qui s'étendait à perte de vue. Voyager en bateau est quelque chose que je fais assez rarement, voire que j'évite carrément. Les capitaines de navires sont souvent superstitieux, et accueillir une femme à bord d'un bâtiment est sensé porter malheur. Le capitaine Jiaz, qui avait âprement négocié les places à bord de son navire, avait été ravi de pouvoir enfin prouver à ses hommes que non, les femmes ne portent pas malheur. Bien qu'aucun d'eux n'approuve son geste, ses matelots ne pouvaient rien trouver à y redire. Je payais bien et j'offrais une protection supplémentaire en cas d'attaque de quoi que ce soit. Jiaz était un homme grand et qui me semblait puissant, comme la plupart des gens dans sa branche professionnelle. Malgré le froid, il était vêtu uniquement de Lin, de deux grosses botes en cuir et d'un cimeterre plus tout jeune, mais dont la lame, je le voyais même a trente mètres, était d'un tranchant redoutablement bien entretenu. Un homme qui prend soin de son arme est un homme bon. J'approuvais une nouvelle fois le marché en lançant un petit signe de tête vers le capitaine, puis entrait dans le bar a la suite de mon chevalier servant personnel, désormais mon ami pour le meilleur et pour le pire. Et vu la gueule du tripot, qui n'avait pas changé depuis ma dernière visite, nous étions en ce moment même dans le pire.

Les regards braqués sur ma petite personne, me déshabillant et imaginant des choses plus ou moins saines, ne me dérangeaient pas. J'avais l'habitude. Je ne prenais pas soin de moi pour rien, bien que je ne fasse pas spécialement attention a ce que je mangeais ou buvais, ni dans quelle quantité, les efforts que me demandait mon travail suffisaient a entretenir ma ligne. Je n'allais pas m'en plaindre. Le tripot, donc, était constitué d'une série de grosses tables ronde devant lesquelles pouvaient s'installer cinq à six personnes, et d'un bar taillé dans un seul bloc de bois luisant. La plupart des tables étaient remplies de gros marins, dont certains avaient le visage couturé de cicatrices diverses, jouant aux cartes, faisant des bras de fer et lançant des paris a tout vas. Soit. Des gros durs.

- "Tavernier, ce que vous avez de plus fort ! Et dans un verre sale, je vous prie !"

- "Même chose, mais dans une chope, répliquais-je. Propre."

Les conversations reprirent petit à petit dans l'hilarité générale de notre entrée fracassante pendant que nous nous enfoncions, Oscar et moi, entre les méandres de tables. Je récoltais quelques mains aux fesses dont je ne me formalisais pas, et m'installais au bar en récupérant ma grande chope d'un truc dont je ne parvenais pas à identifier l'odeur. Il allait falloir gouter. La première gorgée d'un alcool nouveau est souvent la pire pour moi. Mon pouvoir analyse la composition de ce que je consomme pour pouvoir le réutiliser plus tard, et autant vous dire que ce qui se trouvait dans ma chope épargnait miraculeusement la fonte du verre sans que je sache pourquoi. Le mélange de Vodka, de Gin, d'absinthe, de Whisky bon marché, de cognac et d'un vin tellement aunais qu'il ressemblait à du vinaigre. Autant vous dire que ce truc débouche sévèrement les sinus après les deux premières gorgées. Je toussotais un peu, histoire de me redonner contenance, puis vidais ma chope d'un trait sous le regard halluciné du barman.

- "Bwah, fis-je en grimaçant. Ce truc est affreux. Encore."

Je tournais mon regard vers Oscar avec un grand sourire. Du moins, j'essayais, parce qu'au moment où je tournais la tête, quelqu'un fit tourner le tabouret sur lequel se trouvait mon joli petit derrière. Ce quelqu'un étant constitué d'un gros nez épaté, d'une barbe blonde tressée, d'un tatouage bizarre cernant des petits yeux porcins de couleurs noires et d'une rangée de dents noires pourrissantes. On remarquait aussi très bien le magnifique sourire d'ange qui traversait ce gros visage boursouflé de part en part, ainsi que le début de calvitie entourée d'un gros paquet de cheveux blonds tombant jusqu'à une paire d'épaules robustes et nues. Ma capuche toujours sur la tête, je rentais de renvoyer un regarde menaçant de mes yeux rouges.

- "Je peux vous aider ? fis-je sur un air un peu bourru."

- "Ouais tu peux m'aider, ouais, répondit l'autre, empestant mon air déjà vicié par l'alcool de son haleine de chacal putride. Tu vas venir avec moi dehors, j'dois te montrer un ami !"

Il montra son entrejambe avec un clin d'œil fuguasse, puis me pris la main et m’entraîna vers la sortie. Malheureusement pour lui, il ne s'adressait pas à la bonne personne. Il fit deux pas avant de se retrouver avec ma botte droite dans l'entrejambe. J'avais agi avant qu'Oscar ne dégaine son épée sur un coup de tête, mais la technique fit mouche, faisant s'écrouler le gros salopard dans un râle d'agonie et d'insulte que je ne compris pas. Ce que je compris, en revanche, c'est que la vingtaine de personnes restante allait me sauter à la gorge avant que j'aie pu faire trois pas en direction de la sortie. Par le dieu des loups, ça faisait une éternité que je n'avais pas participé à une bagarre de bar sans être bourré. Reculant doucement pendant que les clients se levaient, je récupérais ma chope dans une main et mon tabouret dans l'autre.

- "Pas d'armes, fis-je pour Oscar. Ou des morceaux de ce que tu trouveras par terre. Mais je ne pense pas t'apprendre comment te battre dans un bar..."

Je brisais mon tabouret sur le coin du bar, récoltant simplement l'un des pieds de celui-ci. Un gourdin tout a fait équilibré et pas mortel pour un sous pour qui savais frapper correctement avec.
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MessageSujet: Re: L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]   Ven 12 Juil - 21:45

- "Pas d'armes. Ou des morceaux de ce que tu trouveras par terre. Mais je ne pense pas t'apprendre comment te battre dans un bar..."

"Pas besoin de le préciser, je n'allais pas faire un carnage pour un crétin ivre ... Lui coupe le membre viril pour le donner aux chévres, ça par contre ..."

Faire pivoter la jambe forte d'un quart de tour sur la droite. Fléchir légèrement l'autre genoux. Puis descendre le bassin, placer ses bras en position d'attaque et serrer le pommeau de l'épée. Suffisamment fort pour ne pas être désarmé au premier choc, avec suffisamment de souplesse pour ne pas avoir se mouvoir d'une manière trop rigide. Fléchir les genoux, pour pouvoir encaisser n'importe quel choc sans être envoyé à terre. Et patienter. Toujours garder l'initiative sans jamais donner le premier coup. Patienter. Parer, coups après coup. Parer jusqu'à ce que l'ennemi face une erreur. Et puis frapper. Pas un coup décisif, non. D'abord donner à l'adversaire le gout de votre force. Qu'il sente à qui il a à faire. Pour cinquante de ses coups ratés, un seul des vôtres, placé intentionnellement non vital. Mais ne jamais rien dire. Toujours laisser la chance à son adversaire de comprendre son infériorité et d'abandonner. Toujours le laisser prendre conscience de ses faiblesses. Toujours le laisser partir, si il le souhaite. Mais en aucun, il ne faut l'épargner si il ne s'avoue pas vaincu. Une mort aussi rapide que possible, pour ne pas laisser d'espoir de victoire, ou sinon de vengeance. Ne jamais le laisser vivre une fois la bataille gagner. Pour certains, la mort est préférable au sentiment d'infériorité amené par cette confrontation soudaine à sa propre faiblesse.

Là, évidemment, il s'agissait d'une bagarre de bar. Il n'y aurait pas de mort. Pas à cause de la bagarre en tout cas. Libre à n'importe qui d'aller faire un coma éthylique où bon lui semblerait après ça. Pour ma part, je récupérais de quoi faire sur le cadavre d'une table, après que celle-ci se soit brisé en me servant à la fois de bouclier et de concasseur, m'ayant permis d'écraser quelques bagarreurs potentiels contre les murs des suite à une charge plutôt costaude.

Un pied de table. Une massue. Tout ce qu'il me fallait. Ayant observé chacun des mouvements que j'avais pu apprendre pour me défendre seul contre plusieurs adversaires, je couchais un à un mes opposant, leur donnant en guise d'estocade finale un grand coup de crosse sur la tête, qui suffisait à les mettre généralement hors service d'un seul coup, sans qu'il ne vienne en redemander. Même si certains nécessairement bien deux coups de crosse sur la tête. Malheureusement, le bois n'est pas aussi solide que l'acier, et à force de taper sur des costauds, il se fissure. Rapidement désarmé, je me retrouvais donc contraint d'étaler un à un mes opposants à grand coups de baffes. Ma technique aux poings n'était malencontreusement pas aussi efficace qu'avec quelque chose entre les mains, et bien souvent, je me prenais plus de coups que je pu en donner.

Je finissais la soirée dehors, adossé contre le mur de l'auberge, visqueux, empestant le poisson, et observant les étoiles. J'avais fini là après avoir étalé à grands coups de gnons un gros rouquins moustachu à couettes, juste avant qu'un de ses copains me saute par derrière par la tignasse pour me cogner la tête à grands coups de comptoir. Sonné, j'avais rampé vers la sortie, piétiné par la mêlée et demandant un temps mort à l'arbitre. Finalement, on me balança en dehors à coups de pieds. Dard dard, je me préparais à y retourner, le temps d'un grand bol d'air frais, de laisser repousser les quelques dents que j'avais perdu dans la bataille - ces trucs sont une PLAIE lorsqu'elles doivent repousser - et de reprendre un minimum mes esprits. Mais au final,  à attendre, j'en étais venu à m'asseoir un peu. Et à ne rien faire, j'en étais venu à regarder le ciel. Et toutes ces petites étoiles qui brillent me firent voyager dans mes souvenirs.

Un voyageur m'avait certifié un jour que les étoiles n'étaient rien d'autre qu'un milliard de milliards d’œufs de dragon prêt à éclore sous le regard bienveillant de leur mère, la lune, et qu'ils domineraient un jour tout les royaumes humains. Certains racontent qu'il s'agit du saint patron des mers et des voyageurs, les scientifiques disent que la lune est un astre formé de roche et gravitant autour de notre monde - ahah, qu'est-ce qu'ils vont pas inventer, ceux-là -  la plupart des religions se prêtent à dire que tout ces petits machins là-hauts représentent les âmes des défunts, le repaire des morts et les yeux de chers disparus, et que plus grosse est la lumière, plus la personne morte était bonne, la lune étant bien entendu la représentation astrale de leurs divers dieux.
Quand j'étais petit, mon père me racontait qu'un jour, le soleil avait eu un frère, et que ce frère, trop frêle pour affronter les forces démoniaques, se vit confié la tâche de protéger les hommes seulement le temps que son puissant grand frère doive se reposer. Les millions de petites lumières scintillante dans le ciel tout autour représentaient les âmes de tout les chevaliers l'assistant dans cette terrible mission et que si, un jour, je me montrais assez brave, je monterais là-haut, afin d'assister le puissant soleil et son frère la lune dans leur croisade éternelle.

Le temps des rêvasseries s'évanoui en même temps que le mec qui s'écrasa devant moi, lancé à travers l'une des fenêtres. Hmm. Melinda se trouvait encore là dedans. Il était peut être temps de voir où elle en était. Je ne m'inquiétais pas vraiment pour elle, avec ce qu'elle m'avait raconté jusque là, je la savais pleine de ressources. En l’occurrence, c'était pour les usagers de ce rade, voir carrément pour la structure entière, que je m'inquiétais. Du peu que j'avais pu voir des talents de la demoiselle une fois qu'elle s'était mise en action, elle risquait de faire de sacré dégâts. Et puis, j'avais encore une sacré soif. L'envie de me battre était passé, la fatigue accumulée ces derniers jours commençait à se faire ressentir et tout ce qui me faisait envie là tout de suite, c'était un verre. De l'eau, de l'alcool, même un jus d'orange allait faire l'affaire.

J'entrais donc, et devant l'amusante foire devant laquelle le barman semblait s'être dérobé, j'attrapais une bouteille au hasard derrière le comptoir et m'en servait une bouteille. Observant la belle se démener au milieu de la mêlée - qui comptait de moins en moins de challenger - je levais mon verre dans sa direction et lui portait silencieusement un toast. Encourager Melinda d'un coin de comptoir, c'était bien aussi, après tout.
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L'alcool réchauffe le corps, l'âme et le foie [Pv: Melinda]

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